Essai de l’appareil « Aiptazer » conçu par Alain34.
Sorti tout droit d’un cerveau constamment en ébullition et indubitablement marqué par le monde de l’électronique et de l’aquariophilie, « l’Aiptazer » est une solution très intéressante concernant la lutte contre ces pestes d’anémones que sont les aiptasias.

Son concepteur, Alain34, s’est inspiré du « Tazer », arme non létale utilisée par les forces de l’ordre, et du principe de l’électrolyse. Le but étant d’envoyer une décharge électrique dans l’aiptasia pour la tétaniser puis la brûler.
Mon bac étant envahi par ces maudites anémones, j’ai aussitôt acquis un exemplaire de cette mini « chaise électrique ».
Le colis est arrivé jusqu’à ma porte. L’appareil, d’un fort bel aspect et de bonne facture était emballé et protégé avec soins (merci Alain34). Le stylet est étanche, le câble fait 135 cm de long et devrait permettre d’accéder presque partout dans le bac. L’utilisation est fort simple : piquer, électrocuter. Le détail est poussé à l’extrême, un bruit de « compteur Geiger » vous indique lorsque l’appareil est en fonction.


Aussitôt arrivé, aussitôt essayé. Devant mon bac, j’observe mes ennemies et prépare mon plan d’attaque. Ma femme me fait les gros yeux et me déclare tout de go qu’il n’est pas gentil d’électrocuter ainsi un pauvre animal qui ne m’a rien fait. Trois minutes plus tard, elle me proposait gentiment d’appuyer sur le bouton pendant que je me concentrais sur mes cibles. Souvent femme varie… (Ouf, mon CAF n’est pas en baisse !).

L’anémone électrocutée (ou électrolysée) se rétracte lentement puis expulse des filaments blancs (nématocytes ?). Elle devient grisâtre et ne réagit presque plus au toucher comme si elle était paralysée. Puis, elle se détache de son support. Il est ainsi facile de la récupérer.

Parfois, elle ne se détache pas immédiatement (surtout si elle se trouve dans un trou de P.V). J’en ai retrouvé une bonne dizaine sur ma mousse de pré filtration.

Il ne faut pas hésiter à piquer plusieurs fois les grosses anémones, les plus petites sont immédiatement détruites. Tout le bac peut-être traité en une fois pour peu que l’on ait assez de patience. Il est sûr que le doigté vient à force d’utilisation. Ainsi, l’on s’aperçoit vite que les anémones ne se rétractent pas au contact des tentacules de leurs congénères. Il est donc mieux de ne pas enlever les morceaux d’anémones collés sur l’embout de l’appareil, les futures victimes ne s’apercevant de rien avant l’électrochoc. La pointe du stylet permet une frappe chirurgicale et une réserve de fil se trouve dans le corps même du stylet ce qui permet de renouveler la pointe lorsqu’elle est trop corrodée. Il est recommandé de rincer à l’eau claire l’embout de l’appareil après son utilisation.

Mes autres pensionnaires n’ont pas souffert de ce traitement, mes amphiprions ont même pondu, une heure plus tard, sur une pierre entièrement nettoyée de ces aiptasias.

Certaines anémones sont fixées dans des endroits impossibles d’accès sans tout démonter et l’on sait pertinemment qu’elles vont ressurgir tôt ou tard. Mais, le simple fait de pouvoir juguler leur propagation et nettoyer les espaces entre les coraux est déjà très satisfaisant. Il est clair que « l’Aiptazer » n’est pas la seule solution pour lutter contre le fléau que sont les aiptasias. Il subsiste toujours la méthode naturelle (poissons, crevettes et nudibranches), la méthode chimique, la destruction manuelle. Mais, dans cette âpre lutte, un moyen supplémentaire et efficace est toujours le bienvenu.

Triton