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Un 450 litres pour moins de 400€
Date: 14 Mai 2003 à 01:00
Sujet: Bricolage


450 LITRES, CUVE ET MEUBLE = 141 €…Hein ?! Non, j’ai rien fumé…

Un poncif : l’aquariophilie marine coûte cher. Et, a fortiori, l’aquariophilie récifale. On peut faire « pas cher » ( ? ) mais Madame ne sera pas enchantée par la vue du support en tubes bruts enjambant délicatement une cuve de décantation d’une propreté douteuse, le tout sous un monstre de verre en plein milieu du salon…

On dira alors, avec un air gêné : « Y’avait plus beau… Mais c’était plus cher… » Et là, le CAF (Coefficient d’Acceptation Féminine) de votre foyer vient de baisser de 3 points, car vous avez convaincu votre moitié que le récifal, c’est non seulement encombrant, mais en plus sale, moche et cher. Aïe !



Evidemment, si c’était joli et pas cher, ça passerait mieux !

Or les fabricants sont dépassés par l’idée de concevoir des ensembles cuve + meuble abordables, et de toute façon, prix mis à part, on ne trouve pas ou très difficilement des ensembles destinés au récifal : cuves adaptées et meubles tout à la fois dignes de figurer dans un salon et capable de porter la cuve tout en accueillant l’équipement  et surtout la décantation.

Conclusion : DIY, Do It Yourself.

Yapuka, comme dit l’autre…

Donc, il faut deux choses pour monter un ensemble, une cuve et un meuble.

LA CUVE :

La cuve n’est pas d’un prix exorbitant en soi, mais il va de soi qu’en la rachetant d’occase, elle sera moins cher. Et là, surprise, après avoir lancé une ou deux petites annonces, et causé sur le chat de REEF-GUARDIAN, les propositions pleuvent, certaines à étudier, d’autres hallucinantes. En résumé, ça va de la cuve « fatiguée » de 200L vendue trois fois le prix du neuf (est-ce que j’ai l’air d’un pigeon ?) à l’ensemble récifal encore en eau vendu le prix que ça vaut – honnête, oui, mais 15 fois mon budget !

Et rapidemment, trois propositions se détachent du lot, un 380 litres nu et neuf à 80 €, un Juwel 300L avec galerie vendu moitié du prix neuf, et le pompon qui emportera le vote : une cuve d’occase de 450 litres, fatiguée mais offerte.

Offerte, c’est pas cher. Pour ceux qui les connaissent, c’est le 450 litres récifal de Gevernier

que Gevernier a transmise à Gil_R, lequel n’a jamais eu l’occasion de la mettre en eau pour des raisons indépendantes de sa volonté, et qu’il me cède à son tour puisque Gevernier ne la lui a pas vendue mais donnée. A mon tour !

Pour ceux qui ont un projet en cours, suivez donc bien ce premier conseil : prenez le temps de chercher et de mettre les différentes options sur papier, n’hésitez pas à relancer les offres. Internet est un outil merveilleux pour ça, la preuve !

Je vais donc chercher la cuve en question Chez Gil_R en région parisienne, avec un pote qui s’appelle aussi Arnaud, d’ailleurs. La cuve est sur la terrasse, Gil_R a été jusqu’à retirer soigneusement le décor en mousse du fond de la cuve, pour alléger l’ensemble et s’assurer qu’une des faces au moins n’est pas rayée. Celle de devant est en effet très attaquée et je dois avouer que quand je vois la cuve sale, rayée, remplie de gravas, de résidus de corail et de vase, j’ai une hésitation.

PARENTHESE :

Qu’est-ce qu’on est bien reçu chez Gil_R ! Il ne me connaît ni d’Eve ni d’Adam, et la table est mise et copieusement garnie, il me donne la cuve et de quoi peupler un 1000 litres en boutures… Merci encore, Gil_R !

Bref, la cuve a été transportée de la région parisienne à l’Est de la France, montée au 3° à grand renfort d’huile de coude…Ouf ! Parti le matin à 9H30, la cuve est au milieu du salon à 22H. Ma femme simule une dépression nerveuse en voyant le morceau, et Arnaud, l’autre, le « bis » comme dit la charmante femme de Gil_R se jette sur la pizza ! Demain matin, j’attaque…

La première opération est de retirer les éléments en verre que Gevernier avait TRES soigneusement collés, ainsi que les décos en boiserie et papier plastifié autocollant qui habillent la cuve.

Le plus gros étant retiré avec peine, j’attaque le retrait des boudins de silicone. Au fait Gevernier, t’en avais mis combien du silicone ? 3, 4 tubes ? La vache, qu’est-ce que j’en ai c…

La raclette à glace équipée d’un lame à rasoir s’est montrée l’instrument le plus efficace pour ce travail. Il existe des « grattoir à verre », qui sont le même type d’instrument, plus rigide, pour les vitriers et bricoleurs de tout poil. Un peu plus pratique, peut-être, mais pas gratuit et pas indispensable.

L’ensemble des collages ayant été retiré, j’ai lavé les glaces avec trois produits, pour retirer le calcaire et les algues sèches sur les carreaux (acide) les traces de colle du papier déco à l’extérieur (essence A) et les auréoles de silicone à l’intérieur (acétone)., et enfin j’ai soigneusement lavé le tout à l’éponge.

J’attire l’attention du ceux qui viendraient à m’imiter que l’odeur de l’acide en réaction est suffocante, et qu’il est INDISPENSABLE de se couvrir le nez avec une serviette et de ventiler au maximum la pièce. C’est vraiment un coup à finir à l’hosto dans un caisson hyperbare avec les poumons en vrac, faites très attention. Par ailleurs, les micro-rayures sont éclaircies est rendues presque invisibles par le traitement, car le calcaire qui est déposé au fond et qui participe à blanchir le verre est dissous.

La cuve est prête !!!

Bilan financier : 3 bouteilles de produits chimiques, une paire de gants ménager, des éponges, des lames à rasoir… 16.50€. Pour une cuve de 450 litres, c’est pas trop cher.

LE MEUBLE.

Direction une grande enseigne nationale de bricolage, avec ma moitié, pour choisir les matériaux qui constitueront le meuble. Elle choisit un Panneau de Particules Surfacé Mélaminé couleur Hêtre, moderne et semblable à ce que nous avons déjà. Bien ! Maintenant qu’elle a choisi, elle est impliquée et pour ainsi dire, responsable du résultat…et du coût. Hein ? Quoi, hypocrite ? Fin négociateur, nuance, vous croyez quoi, qu’elle a 10 de CAF ?

Pour réaliser le meuble, il me faudra :

Un plan de travail 150*60
1 panneau de ppsm de 18mm de 260*60 tranches chantées et carrées
1 panneau de ppsm de 18mm de 260*50 1 tranche chantée demi-ronde.
Une tablette de 80*30 en ppsm de 18.
5 mètres de madriers en sapin, vendus sous l’appelation « tasseaux », de section 45*55
5 metres de madriers en sapin (même remarque), de section 25*35
40 équerres sur champs de 70 mm
200 vis de 16*4
200 vis de 35*4
4 charnières invisibles
2 aimants pour placard

Coût total : 124.50€

En route !

Première opération, débiter les tasseaux de 44*55 en segments de 80cm. Ils seront les pieds, au nombre de 6. Pourquoi 6 et pas 4 ou 8 ? Pas 4 mais 6, pour porter à la fois aux extrémités du bac et au milieu, et donc éviter le cintrage et l’explosion, toujours possible. Pas 8 mais 6, pour préserver des ouvertures de taille suffisante en terme d’accessibilité à la décantation, soit des ouvertures max de 61 cm. 8 pieds auraient ramené l’ouverture a 45 cm, ce qui commence à faire juste à mon goût. En terme de pression au sol et de robustesse, la surface au sol sera de 6 pieds de 45*55 plus deux joues de 18*50, soit 148.5 plus180 soit 328.5cm². Le poids de l’aqua étant estimé à 600kg maximum, on obtient une pression répartie inférieure à 2kg/cm². Comme les meubles du commerce tournent sous 300 cm² (j’ai fait le calcul avec un meuble sans porte « écophile » de 150*50, qui porte par la tranche de 4 panneaux de ppsm de 16 de 40cm de large, soit 256 cm²) et qu’il sont entièrement en ppsm, je me sens tranquille avec ma structure en bois massif ; et deux pattes de plus ne sont pas utiles.

Chaque tassal (un tassal, des tasseaux…) étant ainsi converti en madrier, il est fixé sous le plan de travail par deux équerres acier de 70 mm, le long d’un ligne imaginaire en retrait du bord du plateau, 15 cm en retrait pour la façade et 5 cm en retrait pour les autres faces. A ce stade, ma femme est paniquée : la première patte posée présente beaucoup de jeu, elle peut battre sur 10 cm. C’est normal ! Les six pattes sont ainsi fixées, celles du milieu sont équipées de 3 équerres. Puis les pattes sont réunies par  les tasseaux de 25*35 eux même fixés par des équerres de 70, à 12cm de sol. Pourquoi pas 10 ou 14 cm ? A cause des mouches.

Toutes les vis sont vissées « plein bois » sans avant trous, la visseuse réglée avec couple minimum pour ne pas risquer le dérapage à vide en fin de course. Le meuble est alors remis dans le bon sens.

En l’état, cette structure est déjà beaucoup plus rigide que n’importe quelle table de cuisine…Bon, que la mienne en tout cas.

Un peu de jeu apparaît, lié à l’inégalité de longueur des pattes, ce qui fait que le meuble tend à se « balancer » sur le pattes du milieu. Un bon coup de râpe diminue le problème, et je sais que la charge tassera automatiquement le tout à bonne mesure.

Ensuite, il faut habiller la coupe franche du plan de travail. Il est fourni avec le papier autocollant qui se pose au fer à repasser, et se rectifie à la lame de cutter.

On maintiens le papier coupé en gros à la bonne longueur, et on passe doucement le fer mi-chaud en exerçant une franche pression.

Puis on rectifie à la lame de cutter, soigneusement,

et on ébavure avec une toile emeri. Impeccable !

Mieux que sur le plan ! Cette opération demande de la patience et un peu de doigté, car la propreté du résultat est très dépendante de la qualité de l’exécution. Arnaud bis vient manger une pizza et m’aider à lever la cuve sur le meuble, car on a du mal a tourner autour de l’ensemble : j’ai un salon, pas un gymnase…

Ensuite, on passe au tablier. Là, j’ai un peu triché, pour être sûr de la qualité de la coupe, j’ai demandé à me les faire couper directement dans le magasin, lors de l’achat. Ainsi, mes coupes sont franches, parfaitement d’équerre, pas fatigantes à réaliser…Mes deux panneaux de ppsm sont donc débités en tranches de 80 cm.

Je pose les joues en place, elles s’emboîtent avec un peu de résistance, l’ajustage est parfait ! Un equerre sur le chant bas arrière pour la fixer

Une equerre de chaise à l’intérieur sur le chant haut avant, puis arrière haut, avant bas…

Dans la lancée, je pose les charnières, et j’ajuste les portes après les avoir retaillées de 1 cm pour ménager 5 mm en haut et en bas (j’aurais du le demander au magasin, pas pensé…) et je visse les portes dans les charnières en les posant sur une 15° de feuilles pour les ajuster à 2 /3 mm du sol.

Je pose la tablette sur la patte centrale avant, callée a 5 cm vers l’avant, puis je lui greffe en arrière un tasseau de 25*35 qui porte l’aimant : ainsi, ma fermeture sera robuste, nette et franche.

L’autre joue, l’autre porte, et voilà !


Ma femme a payé de sa poche 2 petites poignées déco pour les portes, qui parfaissent l’habillage, c’est absolument nikel !

Aqua 450 litre avec meuble design , 141€ :qui dit mieux ?

La suite au prochain épisode , il reste 159€ de buget pour équiper…







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