La seule constante est le changement:
portrait décennal d'un aquarium récital de 6000 litres.
Daniel KNOP
Ce portrait doit conter l'histoire d'un aquarium récifal, plus exactement des dix premières années de la vie d'un aquarium, car il existe toujours et il se développe en toute splendeur. Comme ce portrait va le montrer il n'en pas toujours été ainsi au cours de ces dix années.
Un aquarium récifal de 6000 litres, une taille plutôt inhabituelle pour un aquarium privé, a donné la possibilité d'appréhender de près les problèmes typiques à de grands aquariums récifaux. Cependant cet aquarium ne constitue pas l'aquarium habituel d'un particulier, mais il doit également servir à des développements et des expérimentations de produits technico-aquariophiles, si bien que toute modification d'une solution technique au profit d'une autre ne doit pas être interprétée comme signe d'insatisfaction avec la solution précédente.
1991 : construction et premier aménagement
L'idée d'installer un grand aquarium récifal, existait déjà avant la sortie de terre de la nouvelle maison individuelle. Ceci a permis de planifier une pièce spéciale située au sous-sol. Les fondations de la pièce concernée ont été renforcées par une couche de béton considérablement plus épaisse et une armature métallique triplée afin de pouvoir y installer ultérieurement un très grand aquarium.
Nous sommes en 1989. Deux années ont passé jus-
qu'à l'aboutissement de l'aquarium et la cave concer-née contient déjà quatre aquariums individuels d'un volume de 1000 litres chacun posés sur un sol carrelé. L'aquarium prévu ne peut pas être posé sans autre forme de procès sur ce mince sol. Il faut donc retirer une partie du sol actuel.
Le soubassement prévu comme bloc massif de béton
cellulaire, doit être constitué par des blocs individuels maçonnés. Pour des raisons de sécurité nous voulons renoncer à des cavités destinées à économiser du matériel. Afin d'éviter un contact direct du soubassement avec le sol, on a posé entre les deux une couche de matériau isolant en mousse expansée de 12 cm d'épaisseur. Ceci présente l'avantage que le soubassement en béton cellulaire se trouve plus haut que le sol de l'ensemble de la pièce si bien que le matériau poreux ne peut pas devenir humide en cas d'inondation. La surface des blocs de béton cellulaire a été poncée puis lissée avec du mortier pour carrelage et enfin recouverte de Styropor.
La difficulté suivante à été de transporter les vitres dans la cave. La construction du bac a plutôt été de la routine de collage avec un espace de 4 mm. Tous les joints en silicone au niveau du fond et le long des côtés ont été recouverts par une bande verre de 5 cm
de largeur, collée sur l'ensemble de la surface. Ceci doit considérablement augmenter la surface de
contact des vitres individuelles et accessoirement
rendre plus difficile l'accès à la flore et faune perforatrice (algues, escargots, etc.).
Un cadre soudé en acier V4A a été mis en place sur le bac terminé, toutefois avec un écart de 5 mm par rapport au verre. L'espace a été complètement rempli avec de la colle silicone. A la place des renforts traditionnels en verre on a utilisé du fer rond (10 mm) V4A, directement soudé sur le haut du cadre. Au cours de la phase de planification, il est question d'une entretoise de traction en câble d'acier (enrobé de PVC, avec un élément de tension), cependant la solution de l'acier rond nous a finalement semblé plus fiable.
Pour la base en pierres nous avons choisi une pierre calcaire fossile provenant d'une carrière, parce que ce matériau se trouve à notre disposition sans frais.
Ces pierres sont toutefois particulièrement massives si bien qu'elles n'offrent qu'une surface réduite.
C'est pourquoi nous avons prévu d'augmenter plus
tard la base avec des pierres poreuses ou mieux enco-re avec des pierres vivantes.
Cependant lors de l'assemblage des pierres. une
erreur a été commise, qui durant cette étape
n'épargne que peu d'aquariophiles récifaux : nous
avons utilisé plus de pierres que nécessaire. A ce
stade on a légèrement tendance à oublier que la plupart des coraux possèdent leurs propres pierres etqu'au lïl du temps ils forment d'importantes colonies si bien qu'ils ont besoin de beaucoup d'espace. Cette elTeur devient rapidement évidente après remplissage avec l'eau à cause de l'effet réducteur de l'eau de mer. Un bon tiers des pierres a été retiré de l' aquarium au cours des deux premières années.
Des plaques d'acryl et de styropor ont été placées par mesure de sécurité sous les pierres, afin d'éviter un contact direct avec la vitre du fond. Il faut pouvoir «marcher» dans l'aquarium parce que cela facilitera considérablement plus tard les travaux d'entretien. C'est pourquoi les pierres ont été reliées entre elles avec du ciment (ciment de POltland sans fer mélangé à 50% avec du sable de quartz fin). A cet effet il a suffi de poser les pienes les unes sur les autres et de remplir les fentes avec du ciment. Puis un rinçage a été effectué durant deux semaines afin de maîtriser les résidus alcalins du ciment (eau de conduite avec adjonction de sel de cuisine ordinaire).
Après la vidange de l'eau de rinçage le grand moment est anivé ; l'aquarium peut être rempli avec de l'eau de conduite adoucie afin de pouvoir procé-der à la reconstitution de l'eau de mer. Pour cela il a fallu fabriquer deux échangeurs d'ions à double colonne afin de pouvoir remplir le bac en un temps acceptable. Avec les osmoseurs classiques (environ 90 l/jour) il aurait fallu compter sept semaines.
Durant la phase de démanage nous nous sommes procurés une importante quantité de Caulerpa taxifolia (rappel: maintenance interdite en France) qui durant cette période doit limiter le développement des algues inférieures par concunence alimentaire. Après une période de rodage de six semaines 10 Zebrasomaflavescens ont été introduits, afin de man-ger les algues vertes qui commencent à se développer.
L'aquarium est pourvu d'un bac de filtration initiale-ment prévu comme filtre à algues. On y a adjoint deux méga écumeurs à contre-courant. Le brassage dans l'aquarium est assuré par plusieurs pompes de circulation de construction personnelle avec des débits allant de 3000 à 6000 litres par heure.
L'éclairage est assuré par un projecteur HQI avec une ampoule Osram de 2000 W type lumière du jour. Les avantages de cette ampoule de 2000 W sont évidents : l'allumeur est intégré dans l'ampoule, il ne faut donc pas le changer lors du changement d'ampoule.
En outre le changement routinier des ampoules de
l'aquarium est réduit à la seule ampoule. La faible distance par rappolt au plafond constitue cependant un problème, si bien que l' écalt entre la surface de l'eau et l'ampoule est limité à 50 cm.
Au cours de la première année de nombreux coraux mous ont été fragmentés afin d'élever de jeunes colo-nies pour le peuplement de l'aquarium. Le but consiste à peupler l'ensemble de l'aquarium avec des coraux multipliés. Il s'agit surtout d'espèces à crois-sance rapide (par exemple diverses espèces de Simularia, de Sarcophyton, d'Alcyonium, etc.), qui ont poussé pour rapidement former une colonie respec-table. Une espèce de Sinularia a été introduite comme colonie individuelle avec un diamètre de 25 cm. Elle s'est développée si massivement qu'il a fallu la sortir de l'aquarium au bout d'un an par manque de place, celle-ci ayant atteint un diamètre de 60 à 70 cm.
1992 : ectoparasites et éclairage trop intense
Au cours de la deuxième année la croissance impor-tante de nombreuses espèces de coraux mous s'est poursuivie, au cours de laquelle le combat concur-rentiel entre les différentes espèces a fait rage avec une intensité extrême. Des interventions manuelles ont souvent été nécessaires, afin d'empêcher la domi-nation d'espèces individuelles. Diverses colonies d' Alcyonium ont dû être retirées de l'aquarium à cause de leur croissance trop importante.
De temps à autre des problèmes sont apparus comme
un trouble blanchâtre de l'eau tandis que les poissons sensi bles ont tendance à présenter des infections ectoparasitaires. Nous avons essayé de solutionner le problème avec de puissantes lampes germicides, hélas sans résultat. Comme cause nous avons soup-çonné l'importante quantité de pierres calcaires, qui ne comportent en aucune manière de «surfaces internes », si bien que la colonisation bactérienne ne peut pas se développer de manière adéquate. Comme contre-mesure nous avons rempli la zone amère de l'aquarium avec une grande quantité de débris coral-liens extrêmement poreux. En très peu de temps l'eau s'est éclaircie et les maladies causées par les ectopa-rasites font partie du passé.
Les pompes de circulation de conception personnelle ont été remplacées pour des raisons de problèmes d'entretien par des pompes de circulation provenant du commerce. La lampe HQI de 2000 W a également df1 céder la place. Certes elle a fait ses preuves mais l'espace trop faible par rapport à la surface de l'eau a conduit à une diffusion insuffisante de la lumière. Au centre le cône lumineux est très intense, sur les bords l'aquarium manque presque de lumière. Afin d'obte-nir une répartition régulière de la lumière, cette lampe a été échangée contre deux lampes de 1000 W chacune.
Une petite installation d'isolement avec de nombreux petits bacs en acryl a été connectée au système de cir-culation d'eau, afin de pouvoir faire des observations durant une période réduite, de photographier ou de procéder à un quelconque autre isolement individuel de petits animaux. En ce qui concerne cette installation l'écoulement est inhabituel car il est possible de vider les bacs comme une baignoire.
1993 : arrivée des bénitiers
La population a peu changé au cours de la troisième année. Pratiquement l'ensemble des pierres du décor se sont trouvées entre temps recouvertes par les algues calcaires, bien que jusqu'à ce moment il n'a pas été utilisé de Kalkwasser et que les réacteurs à calcaire étaient encore inconnus. Toutefois l'utilisa-tion permanente d'eau de conduite ni traitée par osmoseur ou échangeur d'ions a permis un apport suffisant en ions calcium et en carbonates. En outre il n' y a à ce moment-là que très peu de coraux durs dans l'aquarium, si bien que la consommation de cal-cium est très faible.
Maintenant de nombreux bénitiers ont été introduits et l' aquari um s'est magnifiquement développé. En plus des deux lampes HQI de 1000 W dix tubes fluo-rescents Philips TLD 18 ont été installés afin de générer un mélange de lumière ayant une valeur Kelvin plus élevée. Nous avons essayé de rassembler des bénitiers chosis parmi les espèces les plus cou-rantes avec de nombreuses variantes de couleurs. Ils se sont parfaitement développés.
1994 : le premier réacteur à calcaire
C'est au cours de sa quatrième année d'existence que l'aquarium a finalement été peuplé avec de nombreux coraux durs. Les premières espèces d'Acropora, de Pocillopora sp. et autres coraux SPS ont été intro-duits. En même temps nous avons ajouté plus de pierres vivantes et retiré de nombreux coraux mous de l'aquarium afin de faire de la place. Il s'en est suivi une importante croissance des diverses espèces d'Acropora et de nombreux autres coraux durs.
Au départ, alternativement divers types de pompes ont été installés dans l'aquarium pour pouvoir comparer entre elles les caractéristiques de chaque systè-me. En 1994, les pompes de circulation individuelles ont été remplacées par une pompe extérieure de 16000 litres, laquelle était équipée d'un robinet à bille réglable électriquement. Un tuyau de 63 mm menait vers la gauche et un autre vers la droite. Le robinet à bille dirigeait alternativement le débit total à intervalles de quelques minutes vers la gauche ou vers la droite.
Une installation de multiplication des coraux mous
intégralement réalisée en verre à été mise en fonction et connectée au circuit d'eau. Deux points sont fon-damentaux: premièrement l'installation est complètement close sur les côtés et à l'arrière par la construction en verre si bien que l'évaporation s'en trouve considérablement réduite. Deuxièmement elle ne fonctionne qu'avec une pompe unique, qui se trouve dans le bac inférieur et qui n'assure pas que le transport de l'eau à travers les cinq bacs qui reposent au-dessus mais aussi le brassage de tous ces bacs. Le retour par une surverse, éclairage avec un tube fluo-rescent par bac, ce qui avec la faible hauteur des bacs est largement suffisant pour l'élevage des coraux mous.
Le premier réacteur à calcaire est installé. A l'époque il s'agit d'un système ouvert, qui est relié avec l'aquarium par un trop plein et qui n'a pas encore beaucoup en commun avec le réacteur à calcaire de LObbecke (aquarium récifal de Düsseldorf).
Des prises de vue pour la deuxième chaîne de télévi-sion ont transformé durant huit semaines la pièce de l'aquarium en studio de télévision. Des bacs supplé-mentaires ont été installés afin de filmer des animaux spécifiques. Le grand aquarium constitue l'arrière plan, qui doit donner la sensation de la prise de vue d'un biotope naturel. De cette manière des cérianthes ont été filmées lors de la capture de nourriture ainsi que des concombres de mer et des anémones encroO-tantes lors de la prise de nourriture.
1995 : la culture systématique de coraux durs commence.
En 1995 nous avons commencé, stimulés par la crois-sance progressive des coraux durs, la culture systé-matique de ceux-ci. Depuis 1994 je m'imaginais concrétiser dans une eau côtière peu profonde quelque chose comme une ferme de coraux, à l'époque une idée encore neuve, qui déclenche en beaucoup d'endroit des hochements de tête. A cet effet nous avons réalisé les premières expérimenta-tions avec la reproduction systématique de coraux durs sur des substrats en ciment, et à la vérité avec un important succès inespéré.
Les fragments de coraux forment rapidement sur le ciment un disque basal et croissent de manière extraordinaire. Afin de fournir un meilleur éclairage aux fragments de coraux, nous avons installé en plus des lampes existantes deux lampes HQI de 250 W. En outre les deux écumeurs individuels ont été rempla-cés par un exemplaire plus grand, un écumeur àcontre-courant de 30 cm de diamètre.
A cette époque les anémones de verre ont commencé à se développer fortement puis à se répandre très rapidement à travers l'aquarium. Ceci est surtout pro-blématique dans la zone centrale de l'aquarium dont l'accès est très difficile.
C'est pourquoi nous avons introduit un Chelmon rostratus. Hélas celui-ci a porté plus d'intérêt aux nombreux bénitiers plutôt qu'aux anémones de verre.
Au début il a laissé les nombreux bénitiers actuels en paix. Après l'introduction de quelques T. crocea, qui ont été immédiatement attaqué à l'ouverture du bys-sus, il a aussi importuné les bénitiers établis si bien qu'il a fallu retirer le poisson de l'aquarium. (Pour cela nous avons dO placer des bénitiers dans le piège à poissons, car celui-ci ne se laisse attirer par aucune nourriture ).
La suite fut, bien sûr, un développement dramatique des anémones de verre, qui a été combattu avec les moyens les plus divers, comme l'injection d'hy-droxyde de calcium ou d'eau chaude, l'introduction d'un fil de cuivre ou le «maçonnage » avec du ciment (de nos jours on utiliserait à cette fin une résine époxyde bi-composant).
Mais en 1995 des événements plus réjouissants ont aussi eu lieu, plutôt qu'un envahissement par les anémones de verre. Diverses nouvelles acquisitions ont été introduites dans l'aquarium, par exemple des coraux du genre Pori tes avec de minuscules bernard l'ermites du genre Paguritta. Du reste ces petits crustacés vivent encore de nos jours, sans qu'ils n'aient été nourris régulièrement de manière directe. Ils pro-fitent toutefois du fait que cet aquarium est dépourvu de toute filtration mécanique et qu'ainsi ils peuvent capturer de nombreuses substances en suspension dans l'eau. Les crabes symbiotiques présents dans les divers coraux durs et les crevettes nettoyeuses produisent régulièrement des larves et contribuent ainsi à alimenter les coraux avec du plancton vivant. Le homard récifal Enoplometopus debelius représente une acquisition particulièrement colorée.
1996 : l'invasion par l'éponge
Cette année là les efforts de reproduction des coraux durs ont encore été intensifiés. Les coraux durs sont devenus si denses que nous avions d'innombrables fragments à notre disposition. De nouvelles tech-niques de fixation des coraux sur le substrat ont étéexpérimentées, comme une colle à tusion, que les coraux recouvrent rapidement.
Le support en ciment s'est toutefois avéré comme massif et après la séparation à l'endroit prévu il était difficile à placer dans l'aquarium. Pour notre ferme expérimentale de coraux aux Philippines il fallait inventer autre chose.
En réalité un groupe de coraux se compose de plu-sieurs morceaux de substrats individuels qui sont reliés entre eux par de la ficelle de nylon. Ainsi nous voulions simplement éviter que les coraux indivi-duels ne puissent tomber. Quelque temps plus tard le tissu de l' Acropora a complètement recouvert la tïcelle de nylon.
Au cours de l'année plusieurs réacteurs à calcaire ont été installés les uns après les autres, des grands, des petits, des clos ou des ouverts. L'un des nombreux prototypes était du type ouvert lequel a été connecté à l'aquarium par un tuyau de trop-plein. Les dix tubes fluorescents bleus ont été retirés, sans être remplacés.

1996.. Invasion de l'éponge bleue.

Arrachage de l'éponge par plaques.
L'éponge vivante photosynthétique qui s'est retrouvée dans l'aquarium lors de l'installation et qui n'a grandi que lentement a petit à petit commencé à pousser rapidement pour finir par envahir l' aquarium. C'est sous la lampe HQI d'une puissance de 1000 W qu'elle pousse le plus rapidement, mais elle croît également sous la faible lumière d'un tube fluorescent. Nous avons observé comment elle a recou-vert du bas vers le haut une gorgone provenant des Caraïbes.
Pourtant l'éponge ne peut pas toucher directement le tissu de la gorgone, parce que celle-ci a pu garder l'attaquant à distance avec des substances répulsives.
La gorgone est cependant impuissante face à l'ombre faite par le tissu de l'éponge. Ainsi la croûte gris bleu de l'éponge a pu, millimètre par millimètre, escalader le tronc de la gorgone, continuer à ombrager le tissu et l'étouffer. Partout où le tissu de la gorgone a dépé-ri l'éponge peut entrer en contact direct avec le sque-lette et s'y incruster. De manière intéressante la gorgone continue à croître mais vers le haut si bien qu'une course de vitesse s'est instaurée. A vue d'œil l'éponge s'est rapprochée de l'extrémité de la gorgone et a finalement gagné la course.
En ce qui concerne les coraux à petits polypes de
divers genres (Acroporidae, Pocilloporidae et autres) le développement est identique. La colonie est recouverte par l'éponge sans qu'il n'y ait un contact direct avec le tissu du corail. Les mécanismes de défense naturels des diverses espèces de coraux empêchent apparemment ce contact direct, mais par l'ombrage et certainement aussi à cause de l'impossibilité de la circulation de l'eau et des échanges gazeux le tissu meurt rapidement et le substrat « libéré au cours du combat» peut être colonisé par l'éponge. Des colonies complètes d'Acropora ont été recouvertes de cette façon par l'éponge.
Un grand Fungia sp. a failli devenir la victime de
l'éponge, sans intervention de notre part. Un corail bleu (Heliopora coeruIea) a été l'objet d'une longue lutte duale avec l'éponge qui cherchait à le conquérir.
Le corail a pu résister de nombreuses années, mais à présent il a été rapidement recouvert par l'éponge.
Même les Stolonifères ne sont en süreté avec cette
éponge. Sans intervention elle aurait complètement
disparu sous l'éponge en l'espace de quelques
semaines. En un endroit directement sous le projecteur de 1000 W une colonie de cette éponge a pousséd'une manière tout à fait particulière. L'expansion excessive de la plus importante colonie de Collospongia a bientôt commencé par devenir gênante. La croissance poursuivant son envahissement ne laisse rien augurer de bon si bien que nous nous sommes rapidement décidés à la retirer partiellement. Ceci n'a cependant pas été si facile comme il devait en ressortir bien que l'éponge pousse sur une pierre relativement lisse. Après le retrait de la zone concer-née l'éponge a réussi toutefois relativement vite de
repousser à partir des restes. Continuellement il faut retirer les petites colonies d'éponge afin d'établir et pouvoir maintenir d'autres invertébrés sur les pierres calcaires concernées. Sinon les coraux des genres Acropora et Pocillopora auraient été rapidement détruits et recouverts.
Ce n'est que beaucoup plus tard que nous avons découvert qu'il existe une méthode beaucoup plus
simple pour arrêter la croissance envahissante de
cette éponge. Les analyses d'eau dans différents
aquariums nous ont permis de déterminer que la multiplication explosive de cette éponge est en relation avec une teneur importante en phosphates de l'eau.
Dans des eaux riches en phosphates, par exemple 0,5 à 1 milligramme par litre, elle a une croissance extraordinaire, tandis qu'après une diminution de la teneur en phosphates elle se décompose rapidement et meurt. Si nous avions su cela plus tôt, nous nous serions épargné beaucoup de travail.
1997 : mort inexplicable d'animaux
Au début de l'année 1997 l'aquarium est magnifique, la croissance des coraux durs est excellente. Entre temps les coraux mous ont pris tellement d'ampleur qu'il faut peu à peu en retirer de plus en plus de l'aquarium. Le nombre de bénitiers dépasse déjà les 70. Nous avons réuni les espèces et les variantes de couleurs les plus diverses.
Cependant malgré ce début positif l'année 1997 doit devenir l'année la plus noire de ce portrait espacé dans le temps. pourtant au début de l'année nous n'en savions encore rien. Jusqu'à présent on n'avait observé aucun problème chez les coraux. Seuls les bénitiers géants commencent petit à petit à développer des signes de maladie, comme par exemple ce Tridacna squanlosa adulte puis meurent.
Même des bénitiers qui ont atteint la taille adulte ont subitement développé la maladie puis sont morts. Des bénitiers récemment introduits ne se sont maintenus que quelques semaines et leur manteau a alors commencé à blanchir puis ils sont morts peu après.
Etant donné que nous savons que ces mollusques sont extrêmement sensibles aux métaux lourds, ce signal a été pris en considération pour effectuer des recherches dans une direction donnée.
Dans le cadre de la recherche de la cause, la pompe à gros débit a été arrêtée, séparée du circuit et renvoyée au fabricant afin d'effectuer un nettoyage complet ainsi qu'un contrôle technique de celle-ci.
Néanmoins, à ce moment là, la pompe ne montrait
aucun signe de carence ou de trouble de fonctionnement. En même temps nous avons demandé au fabricant de rajouter une plaque de tôle supplémentaire destinée au refroidissement, laquelle venait d'être développée et installée en série sur les appareils neufs. Ceci doit diminuer la chaleur qui est transmise à l'eau. Ensuite la pompe à de nouveau été installée et mise en service.
Six mois plus tard de nombreuses colonies de coraux durs de l'espèce Pocillopora damicornis ont commencé à blanchir et à mourir. En l'espace de quelques semaines l'ensemble des colonies de cette espèce ont disparu, de la taille de quelques centimètres à un diamètre de 20 cm. L'ensemble des colonies de Pocillopora et tous les bénitiers sont morts, cependant toutes les autres espèces de coraux survivantes semblent garder leur vitalité et croissent en partie de
manière remarquable.
Deux mois plus tard les premiers coraux mous, sur-
tout les espèces des genres Sinularia, Cladellia et Sarcophyton se mirent à blanchir. A ce moment-là les coraux cuir du genre Sarcophyton ne s'ouvrent plus du tout, mais rétrécissent en petites masses gris bleuâtre. Des coraux durs comme Favia sp. et Hydnophora sp. commencent à dépérir.

Les acropora blanchissent les uns après les autres...
Encore quatre semaines plus tard la vigoureuse croissance des Acropora s'est complètement arrêtée et les premiers signes de blanchiment ont fait leur apparition.Deux semaines plus tard la population complète des Acropora est blanche et morte. A ce moment de nombreux genres de coraux mous se sont complètement décomposés (Sinularia sp., Cladellia sp., Sarcophyton sp.). Une colonie de Lobophytwn d'un diamètre de 40 cm a disparu en l'espace de quelques semaines sans laisser de trace, de même pour des colonies de Sinularia et de Cladellia d'un diamètre de 40 à 50 cm.
Une filtration sur charbon actif et un changement
d'eau partiel a pu améliorer l'aspect pour quelques semaines. La décomposition des coraux atteints n'a cependant pas pu être stoppée, mais les autres, qui semblent encore quelque peu en vie ont développé une couleur brunâtre plus intense et se sont mieux épanouis. Après quelques semaines l'image précédente est réapparue. Tous les appareils techniques de l'installation de l'aquarium ont été inspectés. L'eau de conduite a été analysée, un appareil d'osmose inverse a été installé mais le tout sans succès. Comme les symptômes dans l'aquarium s'aggravent de manière dramatique et que rien d'autre n'est suspect,
la pompe a de nouveau fait l'objet de doutes et elle a été remplacée par plusieurs petites pompes.
La pompe a été ouverte et il s'est avéré que l'enveloppe d'une partie en cuivre ou en laiton est défectueuse ou plus exactement a disparu. Cette enveloppe en plastique extrêmement fine n'est à 1'évidence pas assez résistante.
Ceci permet de conclure que la pompe a, durant une
période indéterminée, enrichi l'eau de l'aquarium
avec des ions cuivre et l'a ainsi empoisonné. Une
analyse de l'eau colorée en brun provenant du boîtier de la pompe par un laboratoire professionnel a démontré la présence effective d'une teneur élevée en oxyde de cuivre. De plus, en dehors de l'échange de la pompe il a fallu complètement assainir l'aquarium.
Pour effectuer cela les colonies de coraux atteintes ont été retirées de l'aquarium.

La pompe responsable de l'empoisonnement au cuivre...
La prochaine étape s'est soldée par un important
changement d'eau. A cet effet il a fallu mélanger
5500 litres d'eau de mer. Comme de grands réci-
pients faisaient défaut il a fallu presque complètement vidanger l'eau de l'aquarium puis chaque fois préparer 1000 litres et les pomper immédiatement dans l'aquarium avant de pouvoir préparer les prochains 1000 litres. Comme nous sommes en hiver, l'eau est arrivée dans l'aquarium avec une température extrêmement basse et nous avons craint qu'aussi bien le reste des animaux que la colonie de bactéries allaient complètement périr à cause de ces modifications de milieu dramatiques.
Cependant il s'agit de la seule possibilité d'effectuer un changement d'eau presque complet dans un aquarium aussi grand avec les moyens à notre disposition.
Le résultat a toutefois été étonnant. Pas un seul des coraux restant n'a été victime de cette action brutale.
Beaucoup de travail, mais pas d'augmentation de la
teneur en ammonium et en nitrites et aucune autre
perte d'animaux.
1998 : l'aquarium récupère
Au cours de cette année l'installation d'élevage de coraux mous a été remplacée par 15 aquariums spé-cifiques d'un volume individuel de 140 litres qui cependant sont isolés. Leur connexion au bac princi-pal a encore été repoussée.
Au cours de l'année 1998, l'aquarium a largement récupéré de l'intoxication au métal lourd de l'année précédente. De nombreux fragments de coraux durs ont été introduits et une croissance vigoureuse s'est rapidement installée. Malgré de nombreux essais il n'est plus possible de rétablir les algues calcaires qui avant l'empoisonnement ont pratiquement recouvert toutes les faces supérieures des pierres exposées à la lumière. A la partie supérieure arrière de l'aquarium nous avons planté quelques plants de mangrove.
Le changement d'eau de 90 % de l'année précédente a considérablement augmenté la multiplication des petits tïltreurs probablement par l'important approvi-sionnement en éléments minéraux. En regardant sous ou derrière les pierres on trouve d'innombrables fora-minifères, vermétidés ou petits escargots postillon. En un endroit non accessible aux poissons j'ai décou-vert une algue d'un aspect hautement intéressant. Le diamètre atteint quatre millimètres, la hauteur envi-ron neuf millimètres. Largement espacés plusieurs croissent les uns à côté des autres. Comme il s'est avéré plus tard, il s'agit d'une espèce du genre Polyphosa. Elles se sont maintenues durant quelques semaines jusqu'à ce que quelque chose a subitement changé et qu'à l'intérieur des structures vert foncé en forme de sphère se sont formées.
Un parasite particulièrement beau a été introduit avec un bénitier: Cymatium pileal; un escargot qui se nourrit de mollusques. Il a été placé dans un bac spécifique.

1998.. récif frangeant avec zone de mangrove
Un lièvre de mer, Aplysia sp. s'est également retrouvé dans le bac et s'est révélé comme le meilleur mangeur d'algues qui n'a jamais été présent dans l'aquarium.
Un escargot inconnu, qui mange parfaitement les algues, s'est bientôt trouvé en des centaines d'exem-plaires sur la vitre. Dans les bacs récifaux allemands il est particulièrement répandu, en Amérique du Nord il est par contre introuvable jusqu'à présent. Nous avons photographié l'un des animaux lors de la ponte. C'est vraiment passionnant d'observer le développement des jeunes escargots. La surface des pierres a bientôt été colonisée par des centaines d'étoiles de mer, du genre Asterina. Nous n'avons jamais pu constater de dégâts provenant de leur part. Toutefois il se peut qu'ils soient responsables ensembles du fait que les algues calcaires ont du mal à s'établir.
De nombreuses éponges poussent à la face inférieure des pierres formant de belles colonies, certainement aussi favorisées par l'apport minéral lié au change-ment d'eau. Au cours de l'année 1998 tout s'est harmonieusement développé, avec une concurrence élevée pour l'espace entre les invertébrés. Mais ceci ne devait pas durer...
Une espèce d'hydraire du nom de Myrionema amboi
nensis a commencé à cette époque à se multiplier avec vigueur. Ces hydraires symbiotiques poussent très rapidement sous un éclairage puissant et ont formé une très grande colonie. Par leur pouvoir urticant élevé, ils importunent les invertébrés voisins et les font régresser. Les zoanthidés, les coraux mous et les coraux durs ont rapidement été recouverts, ombragés et en même temps endommagés par le poi-son urticant. Avec leur réseau de stolons ils s'intro-duisent dans les colonies de coraux, les inhibent avec leur poison et il est possible de les retirer mécanique-ment sans trop endommager la colonie atteinte.
Dans la première phase d'envahissement, au cours de laquelle ils peuvent pousser dans l'aquarium sans empêchement et sans intervention de notre part, les hydraires sont restés limités en un endroit du bac. Durant toute l'année 1998, la forme seule de cette colonie s'est moditïée; le réseau plat s'est transformé en un tronc massif ressemblant à du feutre et l'en-semble a pris la forme d'un champignon. Lentement ce «champignon» s'est balancé au gré du courant. La bombe à retardement fut déclenchée...
Une fois de plus un reportage télévisé a eu lieu, cette fois par RTL. Ils désirent filmer des bénitiers. Mais ce que les gens de la télévision n'ont pas dit c'est qu'ils veulent présenter aux téléspectateurs des béni-tiers meurtriers parmi les requins et les piranhas. Les petits Tridacna crocea ont hélas été désignés au cours de l'émission comme «coquillages voraces», qui «guettent les plongeurs dans le récif» (paroles origi-nales de RTL). Ceci a été diffusé à plusieurs reprises par RTL. Dommage... (NDLR : c'est la même chose pour Caulerpa taxifolia en France).
1999 : un beau parasite
Dans l'ensemble l'aquarium se développe de maniè-re exceptionnelle en ce début 1999. de nombreuses espèces de coraux durs poussent très bien et ont entre temps supplanté les coraux mous. Les coraux à petits polypes se sont surtout établis, et les taux de crois-sance sont exceptionnels. Seuls les hydraires du genre Myrionema commencent peu à peu à nous créer des soucis. Jusqu'à présent leur croissance se limitait à une seule colonie en forme de champignon. Afin d'éviter le pire, nous avons retiré autant que possible cette colonie. Ce faisant de petits fragments se sont retrouvés en pleine eau et sur la pierre ont aussi subsisté quelques morceaux.
Déjà au bout de quelques semaines les polypes ont commencé à réapparaltre en certains endroits de l'aquarium. Très rapidement les colonies se sont étendues pour recouvrir de nombreuses pierres. Alors que ces hydraires poussent toujours plus vite, je me suis souvenu des récits de l'américain Greg Schiemer, qui a déjà eu ces polypes quelques années avant dans son aquarium. Depuis, ils sont connus aux USA sous le nom de «Polypes de Schiemer». Greg les brosse régulièrement. Nous avons donc également commencé à brosser nos «polypes de Schiemer ». Avec une brosse à dents. Dans un bac de 6000 litres! C'était pénible, mais de cette manière nous avons pu rapidement réduire la population.
Mais subitement les polypes sont apparus en de nombreux autres endroits dans l'aquarium. Dans les mois qui ont suivi nous avons constaté qu'une élimination complète par voie mécanique s'avére quasi impos-sible. En effet les restes sont ancrés dans les cre-vasses et les fentes des pierres et donc impossibles àretirer. Ceci rend nécessaire le brossage régulier des zones touchées. Des essais ont montré q'une diminu-tion de l'éclairage diminue certes la croissance mais que l'espèce se conserve même par un éclairage
extrêmement faible et qu'en l'ombrageant, il n'est pas possible de l'éliminer complètement.
D'autres essais portant sur une diminution de l'apport en oligo-éléments ont démontré que ces polypes poussent plus vite lors d'un apport conséquent en iode tandis qu'ils rabougrissent lors d'une carence prononcée en iode. Mais une carence en iode n'a pas non plus permis l'élimination totale de ces polypes. Certes, nous avons perdu à cause de ces hydraires toute une série de coraux durs et nous avions beau-coup de travail, mais ceci n'est rien face à ce qui nous attendait encore avec d'autres plaies.
A la même époque, un zoanthidé inhabituel a commencé à se développer rapidement parallèlement aux zoanthidés connus du genre Protopalythoa et d'autres du genre Zoanthus.
Au départ il n'a poussé que sur une seule pierre, mais bientôt il s'est étendu sur les pierres du voisinage.
La première colonie de ce zoanthidé introduite dans l'aquarium provient, après vérification, d'un magasin de Radolfzell et est arrivée comme passager clandestin sur une pierre vivante ou sur le substrat d'un corail dur. Malheureusement, par la suite, il n'a pas été possible de déterminer le pays d'origine. Ce zoan-thidé va apporter quelqu'animation au cours de la prochaine année. Mais à l'époque nous n'en savions
encore rien.
2000 : connaissez-vous les zoanthidés... ?
Dans cet aquarium l'an 2000 est complètement placé sous le signe d'un petit zoanthidé, dont la population a fabuleusement augmenté. Certes les coraux durs connaissent une croissance exceptionnelle, mais les zoanthidés se sont répartis sur l'ensemble de l'aqua-rium et pénètrent sans attirer l'attention dans les colo-nies de coraux durs. Dans l'ensemble il n'est plus possible d'ignorer ce problème. Sans se faire remar-quer les polypes se sont étendus à l'ensemble de l'aquarium et s'apprêtent à pénétrer la totalité des pieds de corail.

2000.. agrandi à 8000 litres par 15 bacs spécifiques
Ceci ne pose pas seulement problème à cause des pertes de coraux. Entre temps il est avéré que les sécrétions des polypes, qui contiennent très certaine-ment de la palytoxine, sont très toxiques pour l'être humain. Lorsque d'infimes quantités de la sécrétion pénètrent sous la peau, cela déclenche d'importantes irritations. Une petite quantité a même atteint l' œil si bien qu'il a fallu suivre un traitement dans une cli-nique universitaire, atïn d'empêcher des dommages durables à l' œil.
Un scientifique japonais, H. Fujiki, a démontré en 1986 lors d'essais sur les souris, que la palytoxine est fortement cancérigène. Ceci nous a bien sOr forte-ment troublé et ainsi a mOri la décision d'entre-prendre tout ce qu'il faut pour éliminer ces dangereux polypes de l'aquarium, aussi difficile que cela puisse être dans un grand aquarium.
Les polypes se multiplient par scission longitudinale, et de manière si rapide, qu'une grande colonie s'est formée en l'espace de deux ou trois semaines à partir d'un petit groupe de polypes. Il nous faut essayer de retirer la plus grande partie des zoanthidés. Pour cela la plus grande partie des coraux durs ont été sortis de l'aquarium et libérés manuellement à l'aide d'une pincette des polypes importuns. Des pierres densément colonisées par les zoanthidés ont été complètement retirées de l'aquarium.
Des pierres maçonnées ont été libérées des zoanthidés en aspirant les polypes individuellement avec un tuyau d'un diamètre intérieur de 9 mm et en les coupant le plus près possible de leur base avec une paire de ciseaux acérée. Nous avons aussi essayé plusieurs outils de construction personnelle destinés à couper ou à gratter les polypes, qui se fixent directement sur le tuyau d'aspiration. Finalement les restes de polypes ont été brossés avec une brosse à dent à poils durs. Là aussi nous avons aspiré les sécrétions qui se libéraient avec un tuyau.
Afin d'éviter une reprise des polypes à partir de petits restes, nous avons mélangé de l'hydroxyde de cal-cium avec de l'eau en une épaisse bouillie que nous avons rapidement chauffée au micro-ondes afin d' obtenir une consistance pâteuse. Cette masse est alors répartie avec une seringue sur les restes tissulaires des zoanthidés, afin de créer une couche si possible hermétique. En laissant cette couche environ deux semaines sur la surface de la pierre, la repousse des polypes n'est plus envisageable.
Mais au cours de cette année il n'y a pas eu que des événements désagréables. Après l'opération dramatique et dévoreuse d'énergie d'élimination des zoan-thidés, le bac s'est remis très rapidement et les minuscules groupes de zoanthidés qui sont restés dans le bac ne se sont presque plus développés à notre grand étonnement. Le taux de multiplication a fortement reculé et la croissance des coraux est très satisfaisante, particulièrement celle des coraux durs.
Cette année les 15 bacs spécifiques ont été reliés au bac principal, ce qui nous donne un volume global de 8000 litres. Divers animaux y sont maintenus, pouvant causer des dégâts dans le grand bac ou qui auraient très rapidement disparu, comme par exemple le homard récifal, Enoplometopus debelius, ou un intéressant crabe d'une taille de 25 millimètres de la famille des Majidae (araignées de mer), qui nous a donné le plaisir de se décorer avec une nouvelle éponge devant l'objectif de la caméra. Il est arrivé lors d'une importation en même temps qu'une épon-ge verte et après la mue il a dO se chercher une nou-velle éponge. Nous lui avons proposé plusieurs éponges différentes. Il s'est décidé pour l'éponge Collospongia auris dont il a placé plusieurs morceaux sur le dos de la carapace. En outre dans cette installation se trouvent quelques exemplaires d' Octopus vulgaris et de Nautilius pompilius.
Pour terminer quelques données techniques: pour l'éclairage nous utilisons deux lampes aux halogénures métalliques de 1000 W/6000 Kelvin ainsi que deux lampes aux halogénures métalliques de 250 W/10000 Kelvin comme lumière crépusculaire, un grand écu-meur à contrecourant, un réacteur à calcaire et chaque jour environ 10 1 de Kalkwasser. Journellement nous alimentons les invertébrés avec une nourriture en suspension, plusieurs fois par jour alimentation des poissons, une fois par mois changement d'eau de 10% toutefois uniquement avec de l'eau de conduite, pas d'eau osmosée.
Finalement l' histoire mouvementée de cet aquarium
a mis en évidence la véhémence du combat pour la survie entre les espèces lorsque les conditions tech-niques restent stables. En outre il est apparu que dans un aquarium récifal si important, la maîtrise du déve-loppement d'organismes individuels constitue le plus grand des problèmes. La composition des espèces de la population d'un aquarium est toujours sujette à des modifications de la même puissance que dans le récif corallien. Le changement, semble-t-il constitue la seule constante.

IMAGE : Schéma de l'installation de l'aquarium.
Photos : Daniel KNOP
Article : Recif France (congrès RF 2001)
http://www.recif-France.com
Daniel KNOP
Kurpfalzstr.
62D- 74889 SINSHEIM
Tél. : 00497261/13472
E-mail: daniel@knop.de
Internet: www.Knop.de
Article soumis par Steph