Les Alphéides constituent un vaste groupe de crustacés qui ont colonisé toutes les mers. Appelées plus communément crevette-pistolet, ces animaux se distinguent par deux traits morphologiques particuliers au sein du groupe des crevettes.
En effet, possédant des pédoncules oculaires très courts, leurs yeux sont dissimulés sous la carapace ; et bien évidement, elle possède une « pince pistolet » typique dont la morphologie particulière permet à l’animal de produire un son caractéristique ressemblant à un coup de feu.
C’est généralement à la pince gauche qu’incombe cette fonction, mais en cas de mutilation de celle-ci ; au fil des mues, la pince droite peut se transformer en pince-pistolet, la gauche évoluant alors en une pince normale...
La pince-pistolet peut produire un claquement à l’ouverture comme à la fermeture. C’est la propulsion d’un jet d’eau, lors de mouvements brusque, qui provoque ce phénomène.
La crevette peut ainsi produire jusqu’à un claquement par seconde. L’animal utilise cette pince comme arme défensive et/ou offensive. Certaines espèces utilisant la force du jet d’eau produit et l’onde de choc qu’il engendre afin d’étourdir une éventuelle proie ou un éventuel ennemi.
La taille (1 à 10 cm), la coloration (rouge, brun, noire, zébrée…etc), l’habitat (roches, sable, coraux, anémones..etc), le comportement et le régime alimentaire dépend de l’espèce.
Certaines grandes espèces vivent dans les pierres vivantes et peuvent chasser petits poissons et crevettes ; d’autres vivent dans le sable, se nourrissant de particules animales ou végétales; d’autres encore vivent caché dans les coraux ou autres anémones….
Restant cachée, l’aquariophile ne possède généralement comme seul signe de leur présence que le claquement caractéristique qui retentit de temps à autre.
Cependant, dans le cas d’espèce vivant en symbiose établie avec des gobies, l’aquariophile aura tout loisir de pouvoir observer cet animal au comportement si amusant.
Etablir une telle symbiose dans son aquarium ne présente aucune difficulté particulière.
Une véritable Alpheus symbiotique (le plus difficile à trouver en France), un gobie (Amblyoleotris, Ctenogobiops ou Cryptocentrus) ainsi qu’une épaisse couche de sable suffise.
Les deux partenaires peuvent être introduit ensemble ou l’un après l’autre, même à des années d’intervalle (exempté dans le cas de certains gobies comme des Ctenogobiops qui mourront sans crevette). Ils se retrouveront toujours dans un délai variant de « tout de suite à « quelques jours ».
Cette symbiose peut être effective entre deux individus mais peut également concerner un couple de crevette et/ou un couple de gobies.
Dans cette relation, la crevette à pour charge la construction et l’entretien des « galleries-terriers » alors que le gobie est chargé de surveiller les alentours. La crevette, possédant une très mauvaise vue, une fois hors de sa cachette, celle-ci garde alors un contact permanent avec le poisson via une de ses antennes. Le moindre frémissement du corps de la sentinelle et la crevette a disparu.
Le poisson profitant également des particules alimentaires soulevées lors du travail de terrassement de l’Alpheus.
Avant l’établissement de cette symbiose, quelques précautions sont à observer néanmoins.
Tout d’abord avoir une bonne couche de sable et ne pas utiliser une technique de maintenance basée sur un plenum (pas besoin d’un dessin).
Avoir un décor bien accroché. En effet, l’Alpheus va créer de nombreuses galeries qui peuvent littéralement saper votre jolie montagne.
Ensuite ne pas s’affoler et être tolérant avec cette animal. En effet, principalement dans les jours qui suivent son introduction, vous risquez de ne plus reconnaître votre aquarium. Le sol de celui-ci risquant de ressembler au sol lunaire. Cela se calme une fois les principales galeries creuses, mais l’Alpheus est une grande travailleuse créant sans cesse de nouvelles galeries, condamnant les anciennes ..etc
Il se peut également qu’au cours de ses travaux de terrassement, un corail ou une pierre posée sur le sol soit ensevelie. Ne lui en voulez pas et pensez au travail admirable de nettoyage et d’aération du sol que cette animal effectue pour vous. C’est un superbe détritivore.
Si vous introduisez plusieurs Alpheus du même sexe (difficile à determiner), il peut y avoir combat, mais si l’aquarium est assez grand, elles cohabiteront sans trop de problème.
En ce qui concerne les gobies, il faut savoir que l’Alpheus n’est pas vraiment un modèle de fidélité et passe indifféremment de l’un à l’autre (cela est vrai également pour les gobies). Vous pouvez par exemple observer un couple gobie-crevette à droite du bac et quelques minutes plus tard (la crevette ayant traversé le bac par une galerie) cette crevette utilise un autre gobie à gauche.
Dans la mesure ou les gobies sont de même taille et que leur nombre n’est pas disproportionne par rapport aux crevettes, cela ne pose pas de problème. Mais éviter par exemple un Ctenogobios avec un Cryptocentrus, le Cteniogobios ne pourrait y survivre.

Dans certains cas, des associations particulières, voir contre nature
peuvent se créer dans nos aquariums.
Vous avez ici photographié, une association particulièrement étonnant d'une
alpheus et d'un vers de feu.
Cette photo a été prise dans un aquarium Alsacien (M. Bacher)
