Quelles sont les densités et températures naturelles dans les recifs... Réellement... Et ont elles de l'importance?
Beaucoup d'aquarium récifaux sont configurés et maintenus dans des environnements qui mettent les animaux sous stress permanent. En général ces stress ne sont pas assez importants pour les tuer, mais leur environnement est souvent suffisamment malsain pour que les animaux soient à la limite de la mort. Cela peut être la raison pour laquelle certains organismes sont réputés êtres difficiles à maintenir. La plupart des animaux récifaux, si ils sont maintenus avec un minimum de précautions sont très résistants et durs à faire dépérir. Ceci est vrais en particulier pour les éponges, anémones de mer, coraux et la plupart des autres invertébrés. Néanmoins ces animaux ont, injustement, la réputation d'être durs à maintenir.
Malheureusement, c'est le manque d'expérience des aquariophiles qui est responsable de la plupart des décès. Depuis des années les chercheurs maintiennent et font pousser beaucoup de ces soit disant "organismes délicats" en aquarium, parfois en systèmes ouverts, mais la plupart du temps en systèmes fermés identiques à ceux utilisés par la plus grande partie des aquariophiles amateurs. Ces scientifiques font souvent pousser, pondre et se reproduire ces animaux avec succès. Pourtant, dans la communauté aquariophile récifale, ces mêmes animaux ont la réputation d'être difficiles à maintenir. Quelle est la raison d'une telle différence? Plus important, quelle différence y a t-il entre les méthodes de ces scientifiques qui ont du succès et celles des amateurs qui marchent moins bien?
La première des raison du succès des scientifiques est que ces derniers essayent de se rapprocher le plus possible des conditions physiologiques optimums des animaux qu'ils maintiennent. Pour avoir élevé et gardé des invertébrés depuis plus de 20 ans dans des organismes de recherche plus ou moins typiques, je peux affirmer que les scientifiques sont tout aussi soigneux et fainéants que n'importe qui! Ils veulent passer leur temps à élever leurs animaux et aucune autre besogne, ils se débrouillent donc pour mettre en place des systèmes qui ne requiert que le minimum de maintenance. La principale règle pour une maintenance aisée d'animaux marins est "Trouvez quels sont les fourchettes de températures et salinités physiologiques optimums, et appliquez ces paramètres à vos bacs afin qu'ils coïncident au maximum à ces fourchettes."
Cette règle paraît évidente, et pourtant elle n'est pas appliquée par la plupart des aquariophiles. La température et la salinité de la plupart des aquariums récifaux sont loins ou légèrement en dessous des limites de la tolérance physiologique de la plupart des animaux marins. Le résultat se traduit par des décès qui aurait pu être évités. Il en découle que les animaux maintenus dans ces conditions on une santé juste suffisante pour mourir lentement!
Certains animaux récifaux, en particulier les poissons et les invertébrés à structure complexe, tels les mollusques et crustacés, possèdent souvent une tolérance physiologique élevée, avec une grande fourchette de température et de salinité. Néanmoins, si ces animaux sont maintenus dans un environnement près des limites physiologiques, ils subissent inévitablement un stress et leurs chances de survies sont faibles. La raison à cela est simple. La quantité totale d'énergie qu'un animal peut utiliser est limitée. Si cet animal doit dépenser plus d'énergie pour ses besoins internes (qui sont différents des besoins externes), alors moins d'énergie sera disponible pour d'autres besoins, tels que la pousse et d'autres fonctions métaboliques normales. Il ne restera pour ainsi dire rien pour se nourrir et se défendre contre les infections.
Quand l'environnement externe devient hostile, il n'y a tout simplement pas assez d'énergie disponible pour l'organisme afin qu'il puisse stabiliser sont environnement interne et toutes les autres fonctions nécessaires à sa survie. Ce qui aboutie à la mort de l'animal. En conséquence ce sont des facteurs physiques qui sont généralement responsables des limites de maintenance des animaux marins. Dans les aquariums marins, les paramètres basiques sont la température et la salinité. Une gestion correcte des ces facteurs est la première des étapes dans la réussite de la maintenance d'un aquarium récifal. Forcer les animaux à vivre aux limites du désastre physiologique est sans aucun doute la cause d'une mortalité qui peut être évitée.
Rayonnement adaptatifAfin de se rendre compte combien l'environnement physique affecte les organismes, il est nécessaire de savoir ce que les biologistes appellent le "modèle de rayonnement". Lorsqu'un groupe ancestral d'organismes donne naissance à de nombreux descendants, un "modèle d'évolution" naît, dans lequel il y a souvent une zone centrale avec de nombreuses espèces descendantes, et des zones éloignées où se développent progressivement quelques espèces, jusqu'à ce qu'une zone frontalière soit atteinte à travers de laquelle il n'y a aucune catégorie d'espèce. On dit alors que ces espèces ont "rayonné" à partir d'un centre de distribution.
Alors que les animaux ont évolués, ils ont gardés beaucoup de caractéristiques de leurs ancêtres, y compris la tolérance aux conditions physiques de leur environnement. Dans l'environnement marin en particulier, la distribution des organismes tend vers ces tolérances physiques. Par exemple, alors que la température chute, les processus enzymatiques baissent de régime pour fonctionner plus lentement. Par conséquence, l'organisme doit produire plus de cette enzyme afin d'avoir suffisamment de produit enzymatique nécessaire à son développement. Ce qui nécessite Un besoin énergétique supérieur.
Alors que les espèces se développent de plus en plus dans des zone géographiques extrêmes, les individus ont de moins en moins d'énergie à dépenser pour d'autres besoins de leur vie, comme la pousse ou la reproduction. Finalement, dans la limite des zones de répartition de la température, les organismes peuvent survivre, mais ils se développent doucement et se reproduisent peu ou pas du tout.
A l'opposé, au centre des ces régions il y a un surplus d'énergie pour d'autres besoins, les organismes de ces zones peuvent donc dépenser plus d'énergie dans d'autres processus biologiques, comme la compétition, la défense et la reproduction. Parce qu'ils peuvent produire bien plus de gamètes que ceux vivant dans des environnements hostiles, ils sont susceptibles de produire plus de variations d'espèces qui pourront coloniser de petits habitats spécifiques de la zone centrale.
Dans la plupart des animaux trouvés sur les récifs d'Indo-Pacifique, le centre du rayonnement adaptatif est la zone Malaisie-Peninsule Indonésienne-Nouvelle Guinée. Ici, un grand nombre de groupes sont les plus diversifiés et abondants, et les conditions physiques sont les plus proches de l'optimum pour tous ces animaux. Même pour les espèces qui tolèrent les conditions extrêmes, les meilleures conditions sont celles trouvées au centre de la fourchette.
Les récifs coralliens les plus diversifiés sont trouvés dans une bande qui va de Palau en Micronésie, à l'ouest des iles Caroline et jusqu'en Indonésie (Veron 1986). Dans cette zone la température moyenne de l'eau des atolls est de 28°C environs. Elle ne passe probablement pas sous la barre des 27°C. La densité est elle au dessus de 35ppt (Sverdrup et al. 1942, Brandon 1973). La plupart de nos coraux et leur faune associée, poissons inclus, seront mieux maintenus dans ces conditions (Weber and White 1976).
Pour plus de données sur la température de la surface des océans, vous pouvez consulter ces liens. Pour la côte Est de l'Amérique du Nord en visualisant le Gulf Stream :
http://dcz.gso.uri.edu/avhrr-archive/archive.htmlPour le monde entier mais en basse résolution :
http://podaac-www.jpl.nasa.gov/sst/Pour des données en temps réel sur le Pacifique équatorial :
http://www.pmel.noaa.gov/toga-tao/realtime.htmlPour des exemples sur la plupart des données moyennes de la température des océans :
http://psbsgi1.nesdis.noaa.gov:8080/PSB/EPS/SST/data/global50.c.gifPour avoir la moyenne mensuelle de la température de la surface des océans depuis 1984 (choisissez le mois de votre choix) :
http://psbsgi1.nesdis.noaa.gov:8080/PSB/EPS/SST/al_climo_mon.htmlConditions spécifiques de température et considérationsAlors que les températures varient, l'activité du métabolisme de tous les animaux marins qui ne peuvent réguler leur température interne varie également. Les oiseaux marins, mammifères et quelques poissons sont les seuls animaux capables de réguler leur propre température corporelle. Tous les autres organismes ont la même température interne que celle de l'eau environnante. Si la température de ces organisme change, l'activité des fonctions métaboliques changent également, mais généralement de manière dramatique! Une règle générale : si la température monte ou descend de 10°C, l'activité du métabolisme double ou ralenti de moitié. Si la température optimale d'un organisme est de 30°C, à 20°C l'activité du métabolisme de l'organisme sera diminué de moitié par rapport à son activité à température optimale. La plupart des organismes meurent si la période, dans laquelle l'activité de leur métabolisme est réduite de moitié, est prolongée. La réduction de l'activité du métabolisme à 75% par rapport à l'optimal cause des problèmes très significatifs ou la mort de l'organisme (Withers 1992). Un telle réduction peut facilement être obtenue et le passage d'une eau de 29°C à 25°C suffit.
La limite de température la plus basse pour des organismes récifaux les plus tolérants au froid est aux alentours de 20°C. C'est la température de l'eau sur l'atoll de Midway, atoll qui possède le récif le plus au nord. Bien que quelques animaux récifaux peuvent vivre dans de l'eau plus froide, la plupart ne le peuvent pas. La moyenne annuelle de la plupart des recifs coralliens se situe entre 27 et 28°C (voir Table 1, figure 1), ce qui apparaît comme étant la température optimum pour le corail
(Barnes et al. 1995, Clausen et Roth 1975, Weber et White 1976, Coles et Jokiel 1977 et 1978, Highsmith 1979). Les températures conseillées la plupart du temps pour les aquarium récifaux, entre 22 et 25°C, stressent inutilement la plupart des organismes et, dans certains cas, très sévèrement.
La limite supérieure naturelle pour les organismes récifaux se situe aux alentours de 33°C. Cette température est naturellement atteinte dans certaines zones du Golf Persique ou dans les eaux peu profondes des lagons
(Brandon 1973, Glynn et Dcroz 1990, Fitt et Warner 1995, Lesser 1996).
La température moyenne annuelle d'une zone ne raconte pas tout bien sûr, car il y a des fluctuations autour de ces moyennes. Ces fluctuations peuvent varier de mois en mois, comme illustré sur le schéma de Belize (Table II). Il est intéressant de noter que des recifs parmis les plus riches des Caraïbes se trouvent près de Belize, et dans cette zone, la température moyenne mensuelle tourne généralement autour de 29°C, et le maximum peut atteindre 33°C
(Highsmith 1979). Ces températures sont légèrement plus fraîches que les zones Indo-Pacifiques qui contiennent la plus grande diversité d'espèces coralliennes, mais la zone de Belize est significativement plus au nord.

Sur les parties plates et peu profonde des recifs, la température est de 1 à 2.5°C au dessus de celle entourant le récif.

Figure 1
En haut : température normale de la surface des océan durant une année sans el Niño. Seules les températures de plus de 27°C sont visualisables.
En bas : Le nombre de genres de coraux trouvés en Indo-Pacifique (Veron 1986). Notez la corrélation entre la température et le nombre d'espèces. La température de la mer en Indo-Pacifique commence à chutter entre 50 et 100m.
| Table I |
| Temperatures sur différents récifs* |
| Recif |
|
Fahrenheit |
Celsius |
| Caraibes |
|
|
|
|
| Belize |
|
79.2 - 87.1
|
26.2 - 30.6 |
| x |
| x
| x
|
| Indo-Pacifique |
|
|
|
|
| Arno Atoll |
|
82.7 - 87.2
|
28.2 - 30.9 |
| Bikini Atoll |
|
81.5 - 84.5
|
27.5 - 29.0 |
| Enewetok |
|
80.6 - 86.0
|
27.0 - 30.0 |
| Great Barrier Reef |
|
77.0 - 82.4
|
25.0 - 28.0 |
| Guam |
|
83.3
|
28.5 |
| Johnston Atoll |
|
82.0
|
27.8 |
| Kapingamarangi |
|
84.2 - 87.8
|
29.0 - 31.0 |
| Pt. Moresby |
|
83.1
|
28.4 |
| Rabaul |
|
84.7
|
29.3 |
| Saipan |
|
83.3
|
28.5 |
| Tuamotu Archipelago |
|
85.1
|
29.5 |
| Ontoa Atoll |
|
73.0 - 93.0
|
22.8 - 33.9 |
| *Données provenant de diverses sources. |
Alors que l'aquariophilie récifale amateur se développait, les premiers organismes étaient collectés sur les récifs frangeants, comme à Hawaii et en Floride. Ces zones sont prêtes des températures les plus basses tolérées par la plupart des organismes récifaux. On demande alors aux aquariophiles de maintenir leurs animaux aux températures relevées dans ces zones. Les organismes de ces zones ont généralement une grande tolérance et peuvent survivre à ces températures basses. Néanmoins ils sont loins de prospérer à ces températures. De plus, les animaux provenant de ces centres de distribution ne supportent généralement pas une réduction de l'activité de leur métabolisme. Par conséquence ils ont une tolerance aux variations de température très réduite. Ces animaux ne survivent pas à des températures si basses.
SalinitéLa concentration de chlorure de sodium, autrement dit la salinité, est le principal facteur déterminant la concentration en ions de l'eau de mer. Néanmoins, les autres éléments dissous contribuent également à la concentration totale en ions. Les animaux qui sont capables de réguler soit la salinité soit les autres ions dans des proportions moindres sont appelés "osmoconformes", et leur concentration ionique totale interne est à peu près la même que celle du liquide dans lequel ils baignent. Si la concentration des éléments dissous diffère de leur concentration physiologique optimum, il peut en résulter des dégâts pour l'organisme en question. Plus les conditions diffèrent de leur optimum, plus les organismes en souffrent.
| Table II |
| Températures de surface pour Belize 1964-1971 |
|
Moyenne |
Maximum |
|
| Fahrenheit |
Celsius |
Fahrenheit
| Celsius |
| Janvier |
79.2 |
26.2 |
84.2 |
29.0 |
| Février |
80.2 |
26.8 |
84.2 |
29.0 |
| Mars |
82.4 |
28.0 |
89.6 |
32.0 |
| Avril |
84.9 |
29.4 |
91.4 |
33.0 |
| Mai |
86.7 |
30.4 |
91.4 |
33.0 |
| Juin |
86.2 |
30.1 |
91.4 |
33.0 |
| Juillet |
85.6 |
29.8 |
89.6 |
32.0 |
| Août |
87.1 |
30.6 |
89.6 |
32.0 |
| Septembre |
86.2 |
30.1 |
91.4 |
33.0 |
| Octobre |
84.9 |
29.4 |
89.6 |
32.0 |
| Novembre |
81.3 |
27.4 |
87.8 |
31.0 |
| Décembre |
79.9 |
26.6 |
84.2 |
29.0 |
La plupart des animaux récifaux, tels les coraux, anémones, étoiles de mer et certains vers, sont osmoconformes et ont des capacités très limitées à réguler leur salinité interne ainsi que d'autres ions. Bien qu'ils n'aient pas une grande capacité à altérer leur osmolarité interne de beaucoup par rapport à celle du milieu ambiant, les animaux osmoconformes devront utiliser plus de 80% de leur énergie métabolique pour maintenir les balances ioniques cellulaire interne. Cette grande quantité d'énergie dépensée à équilibrer le milieu signifie que ces animaux n'ont pas la capacité d'ajuster la salinité de l'eau environnante.
La limite inférieure de salinité de la plupart des animaux récifaux est de 30ppt, c'est une salinité que l'on trouve dans les estuaires ou périodiquement dans les lagons après une forte pluie. Les récifs coralliens sont généralement situés dans des zones où la salinité se situe entre 35 et 38 ppt, néanmoins la mer rouge et le Golfe Persique dépassent les 40 ppt (voir figure 2) (Sverdrup et al. 1942). La limite supérieure se situe aux environs de 42 ppt, limite qui est atteinte dans certains lagons hypersalins. La plupart des organismes, osmoconformes compris, peuvent survivre à d'importantes mais brèves variations de salinité en dehors de leur tolérance. Mais si ils sont maintenus dans ces conditions dans une plus longue période, ils vont rapidement être stressés et éventuellement mourir. Les animaux tolèrent mieux un dépassement de salinité vers le haut que vers le bas, et les adultes résistent mieux aux extrèmes que les juvéniles ou les larves.

La densité des récifs peux changer substanciellement après une pluie tropicale.

Palau. La tempéraure dans ces iles varie jusquà 3°C.La densité spécifique de l'eau de mer varie avec la température. Cette étroite relation est connue depuis le siècle dernier, et les standards sont dérivés de tables publiées au début de ce siècle (Knudsen 1901). Une fourchette de valeurs concernant les densités et salinités applicables en aquariophilie récifale est donnée dans la table III. Pour garder la salinité aux environs des valeurs des récifs, à une température de 25°C, la densité devrait être au minimum de 1.025 (35ppt), et au maximum de 1.027 (37.5ppt). Un densité moyenne de 1.026 est le meilleur compromis pour les organismes. Garder son eau plus raisonnablement à 29°C aura comme résultat une densité moins élevée car l'eau devient moins dense à mesure que la température augmente. Garder une densité comprise entre 1.024 et 1.025.

Figure 2
Salinité de l'océan au nord, l'été. Les salinité données en ppt (part per thousand = partie pour mille). Les parties bleues indiquent les zones de salinités inférieures à 35ppt (modifé après Sverupt 1942).Une autre règle peut être appliquée ici. L'eau douce est moins dense que l'eau de mer, ainsi l'eau se décompose en couches directement en rapport avec la densité, l'eau de pluie et l'eau de mer diluée ont tendance à monter dans une eau à densité normale, avec un léger mélange au niveau de la limite des couches. La conséquence est que les animaux récifaux des eaux peu profondes (au dessus de 10m de profondeur) doivent être tolérants aux basses densités et donc être plus résistants que les animaux trouvés dans les eaux plus profondes.
| Table III |
Densité approximative, en ppt (part per thousand = partie pour mille), pour lecture du densimètre à température donnée |
| Temperature |
Specific Gravity |
| Fahrenheit |
Celsius |
1.020 |
1.021 |
1.022 |
1.023 |
1.024 |
1.025 |
1.026 |
1.027 |
| 74.0 |
23.3 |
28.0 |
29.3 |
30.6 |
31.9 |
33.3 |
34.6 |
35.9 |
37.2 |
| 75.0 |
23.9 |
28.2 |
29.5 |
30.8 |
32.1 |
33.5 |
34.8 |
36.1 |
37.4 |
| 76.0 |
24.4 |
28.4 |
29.7 |
31.0 |
32.3 |
33.7 |
35.0 |
36.3 |
37.6 |
| 77.0 |
25.0 |
28.6 |
29.9 |
31.2 |
32.5 |
33.9 |
35.2 |
36.5 |
37.8 |
| 78.0 |
25.6 |
28.8 |
30.1 |
31.4 |
32.7 |
34.1 |
35.4 |
36.7 |
38.0 |
| 79.0 |
26.1 |
29.0 |
30.3 |
31.6 |
32.9 |
34.3 |
35.6 |
36.9 |
38.2 |
| 80.0 |
26.7 |
29.2 |
30.5 |
31.8 |
33.2 |
34.5 |
35.8 |
37.1 |
38.5 |
| 81.0 |
27.2 |
29.4 |
30.7 |
32.0 |
33.4 |
34.7 |
36.0 |
37.4 |
38.7 |
| 82.0 |
27.8 |
29.6 |
30.9 |
32.3 |
33.6 |
34.9 |
36.3 |
37.6 |
38.9 |
| 83.0 |
28.3 |
29.8 |
31.2 |
32.5 |
33.8 |
35.2 |
36.5 |
37.8 |
39.2 |
| 84.0 |
28.9 |
30.1 |
31.4 |
32.7 |
34.1 |
35.4 |
36.7 |
38.1 |
39.4 |
| 85.0 |
29.4 |
30.3 |
31.6 |
33.0 |
34.3 |
35.6 |
36.9 |
38.3 |
39.6 |
| 86.0 |
30.0 |
30.5 |
31.8 |
33.2 |
34.5 |
35.8 |
37.2 |
38.5 |
39.8 |
| 87.0 |
30.6 |
30.8 |
32.1 |
33.4 |
34.8 |
36.1 |
37.4 |
38.8 |
40.1 |
Le résultat de tout ceci est simple. Il n'y a tout simplement aucune raison de maintenir nos bacs à une salinité inférieure à la salinité d'un récif dans des conditions normales. Tous les habitants du récif souffriront d'une faible densité durant une période prolongée. Les invertébrés maintenus à de faibles densités dépérissent souvent au bout de quelques jours à quelques mois. Alors que, à priori, les coraux, éponges et autres invertébrés sont immortels, de basses densités les tuent rapidement. Si certains mollusques, crustacés et la plupart des poissons sont maintenus à de basses densités, ils meurent, de toutes manières. Cela prend juste un peu plus de temps… Un poisson qui passe le cap des deux ans en aquarium est supposé tenir plus de 20 ans si la densité est appropriée.
ConséquencesLe panel de nouveaux et différents organismes disponibles pour l'aquariophilie récifale est dû à des recherches plus approfondis dans les zones "centres de distribution" (souvenez vous l'évolution des espèces). Et c'est en fait ici que la biodiversité est la plus importante. Ces organismes peuvent avoir des besoins physiologiques et biologiques très spécifiques pour être maintenus avec succès. Dans la plupart des cas, nous ne connaissons pas ces besoins et leurs limites de tolérance dans nos bacs. Les bonnes conditions de maintenance peuvent être trouvées sur le lieu même de leur capture, dans le centre de distribution.
Nous essayons souvent de maintenir un environnement constant dans nos bacs, et croyons que de telles conditions sont appropriées pour nos hôtes et leur croissance. Cette constance n'est malheureusement d'aucune utilité si elle est elle même fausse! En plus une fluctuation des paramètres dans nos bacs n'est absolument pas grave dans la mesure où les ces paramètres restent dans les limites acceptables par les organismes. La température dans les lagons varie souvent de plus ou moins 10°C par jour autour d'une valeur moyenne. Cette valeur moyenne est néanmoins souvent proche de l'optimum physiologique des espèces présentes. Les amateurs devraient essayer de maintenir cette valeur moyenne dans leurs bacs. Les fluctuations de température et de densité ne posent pas de problèmes à partir du moment où elles restent dans les tolérances des espèces maintenues.
La maintenance d'un bac récifal dans des conditions optimums ne devrait poser aucun problème. Les invertébrés maintenus près de la limite basse, ont une activité métabolique et une vie ralenties comparé à la normale. Ceci peut avoir des avantages, un animal en train de dépérir peut sembler saint durant plusieurs semaines ou mois, et pourtant il mourra. Son activité métabolique très lente le met dans un état d'animation en suspend. Les coraux en particulier, dans ces conditions, ont rarement le besoin de se nourrir, et n'ont peut être même pas assez d'énergie pour se nourrir. Ils subsistent grâce à leur réserves énergétiques et les produits de leurs zooxanthelles, qui dans des conditions normales produisent assez de nourriture pour une pousse normale. En addition à ceci, à ces basses températures, les zooxanthelles produisent moins de nourriture que ce qu'elle pourraient produire à des températures plus hautes
(Coles et Jokiel 1977, Goiran et al. 1996, Leletkin et al. 1996). La pousse du corail est effectivement minime et difficile à observer
(Goreau et Goreau 1959, Goreau 1961, Goreau 1977 a,b, Houch et al. 1977, Highsmith 1979). Si on va plus loin, on peut dire que les animaux résisteront trop lentement aux agressions et infections. Après qu'ils aient utilisé leurs réserves, il meurent lentement… Bien sûr ils auront procuré une satisfaction durant quelques mois…
Les animaux maintenus près de leur optimum physiologique devront être nourri régulièrement et de manière adéquat pour une pousse normale. Par exemple, je maintien un petit
Heliofungia depuis 11 mois durant lesquels il a triplé de diamètre. Il a été nourri avec l'équivalent d'une ou deux fois la quantité nécessaire à un poisson rouge par jour. Il est mort à priori à cause d'un prédateur qui a été introduit par inadvertance dans mon bac, mais il se développait et poussait avant.
A une température et éclairage normal (normal pour l'animal, pas l'aquariophile!), et en supposant que les coraux et autres organismes peuvent se nourrir convenablement à partir de leurs symbiotes, ces animaux ne survivront pas. Il leur faut un apport supplémentaire de nourriture
(Sorokin 1990a, b et 1991). Il devront être nourris ou la lumière augmentée au delà de la fourchette normale pour les organismes. Malheureusement, un nombre peu élevé de ces animaux sont des mangeurs généralistes, et leur survie dépendra d'un régime adéquat et approprié. Les autres habitants du récif devront être nourris plus fréquemment. Ceci apporte un challenge permanent, mais la diversité de la nourriture disponible dans le commerce aquariophile permet de rendre ceci très abordable.
Finalement, le véritable problème est le mélange de la faune et de la flore trouvé dans la plupart de nos bacs. Les aquariophiles tendent à mélanger des animaux de différentes régions géographiques sans trop s'en préoccuper. Le résultat est que l'on possède des bacs pleins d'animaux ayant des fourchettes de tolérance différentes, dépendante de l'endroit où ils proviennent, comme les eaux chaudes d'Indonésie ou les eaux fraîches du Nord du Golf de Mexico. Des conditions généralisées ne sont pas bonnes pour les habitants de nos bacs. Maintenir le bac à une température de 24 à 26°C stressera n'importe quel animal provenant de L'Indo-pacifique centrale car trop froid! Et, parce que c'est près des limites supérieures pour les organismes subtropicaux, stressera également ces derniers. Il serait mieux pour tous ceux qui sont concernés, que les aquariophiles concentrent leurs efforts pour maintenir des systèmes récifaux séparés par régions géographiques.
Article de Ronald L. SHIMEK
Traduit par Stéphane TARDY.
Site web de Ron
Article soumis par Steph