Je suis l’heureux possesseur d’un récifal de 800l environ et la configuration écumeur + PV est un peu juste pour ma population aquatique. Si l’aspect théorique du DAS parait relativement simple, la mise en œuvre semble moins évidente. De nombreux articles d’aquariophile font en effet état de difficultés et notamment pour le démarrage du réacteur. Je propose donc ci-après le résultat de mes essais qui maintenant ont abouti à un fonctionnement qui me satisfait pleinement.
Constats :
La mise en œuvre du DAS se heurte à plusieurs difficultés :
- Son utilisation est souvent induite par la constatation (un peu tardive) de la montée du taux de NO3 dans son bac, bien sûr, et c’est justement le cas ou l’on rencontre les difficultés de démarrage,
- Le DAS nécessite un faible débit pour son démarrage puis, ensuite une montée progressive de celui-ci. Dans les nombreux montages que j’ai rencontrés sur le NET, l’alimentation se fait par un goutte-à-goutte. Cela s’est avéré ingérable sur mon installation du fait de l’instabilité du débit ainsi régulé.
- La croissance des bactéries est fortement influencée par la température du milieu. Ce point n’est en général pas traité dans les montages proposés et son importance m’est apparue quand j’ai installé mon réacteur près de la décantation dans le sous-sol non chauffé.
Les caractéristiques du montage :
L’installation que je propose diffère sensiblement des montages que j’ai vu jusqu’à présent sur le NET par les options suivantes:
1.Le sur-dimensionnement du réacteur par rapport aux préconisations : Pour mon aquariium de 800l (600l pour le bac + 200l pour la décantation), le volume de soufre sera de 15Kgs. En effet, je souhaite pouvoir utiliser le DAS à des concentrations de 100mg/L de NO3, et pour cela il faut voir large. Le risque de produire de l’H2S (gaz à l'odeur d'oeuf pourri) aux faibles concentrations du bac en NO3 ne doit pas poser de problème si l’eau traitée est bien aérée en sortie. Cette aération sera aussi nécessaire pour éliminer le CO2 dissout.
2. L’aération : comme vu précédemment elle est nécessaire et plusieurs solutions sont possibles. Par simplicité, la sortie du DAS se fera à coté de l’entrée pompe de mes 2 écumeurs (super-skimmer à injection fait selon les plans de MARS)
3. L’alimentation en eau ne se fera pas par goutte-à-goutte. Le réglage est trop aléatoire et instable et ne permet pas d’avoir un minimum de précision de réglage. Pour ceci, j’utilise une pompe standard ‘Mini Jet’ que l’on a tous dans ses tiroirs et qui permet un refoulement à environ 90cm , ce qui est plus que nécessaire pour notre application. A remarquer que ces pompes sont de type synchrone et donc à débit constant si les pertes de charges le son, aussi afin d’avoir un débit contrôlable et indépendant de la perte de charge variable et inévitable au niveau du DAS, la pompe ne sera pas connectée directement à celui-ci, mais alimentera une cuve intermédiaire. Cette cuve alimentera ensuite, par gravité le DAS. IMPORTANT : L’alimentation s’effectue non plus de façon continue (type goutte-à-goutte) mais par ajout discret d’une quantité d’eau constante à intervalle de temps régulier et calculé de façon à obtenir le débit voulu. Afin de conserver un fonctionnement correct du DAS, cette quantité d’eau est fixée à environ 100ml pour la configuration (15Kgs de S). Bien sûr, et cela sera peut-être une difficulté pour certain, ce type d’alimentation nécessite un timer géré par un automate ou du moins une électronique programmée. Dans mon cas j’utilise l’automate que j’ai réalisé et publié sur ce site ainsi que sur bricoreef.free.fr avec mise à disposition de toute la documentation et plans. Le calcul de la temporisation entre 2 injections T = 3600 / (Qconsigne / VolumeEtalon) avec Qconsigne = Débit de consigne que l'on souhaite appliquer en cl/H, VolumeEtalon = Volume (en cl) injecté par la pompe lors d'un top calibré (j'ai utilisé VolumeEtalon=13cl pour un top de marche de pompe de 7 secondes). Pour exemple , pour un débit de 180cl / heure, la valeur de T= 3600 / (180/13) = 260 secondes.
4. Passages Préférentiels : A des faibles débits, il se crée des passages préférentiels au sein du soufre. Le fait d’alimenter le DAS par ajout ‘discrets’ de volume d’eau, limite fortement ce phénomène. Par sécurité, j’ai inséré lors du remplissage du soufre des grilles plastiques (découpées au diamètre intérieur du DAS) tous les 20cm. Ces grilles sont faites à partir de grillePVc au pas < à 1cm achetées dans une grande surface rayon jardinage.
5. La température : après essais, il s’avère que l’efficacité du traitement est très variable selon la température : j’ai observé un rendement double à 30°C par rapport à un fonctionnement à 18°C. Le DAS sera donc équipé d’un système de chauffage régulé. Pour ceci, j’ai utilisé un cordon chauffant de 10mètres et de 100VA avec un régulateur de température électronique que l’on trouve chez tout nos VPC. Le cordon chauffant est enroulé sur le tube PVC du DAS contenant le soufre. La sonde de température du régulateur est fixée à mi-hauteur, et le tout est enveloppé d’un isolant thermique bas de gamme (de type papier bulle avec feuille métallique). IMPORTANT : pour éviter une trop grande température au niveau du contact cordon chauffant / paroi PVC il est fortement conseillé de limiter la puissance calorique au m (soit 10VA / m dans notre cas). Afin d’améliorer la dissipation thermique du cordon, la partie métallique de l’isolant sera en contact avec le cordon. L’isolant est du type ‘papier bulle avec une feuille métallique sur une face. Pour l’isolation j’ai replié cette feuille sur-elle-même de façon a avoir la partie métallique sur les 2 faces externes. Ce sandwich a ensuite été fixé par du ruban autocollant métallisé (type fumisterie) autour du DAS.
Schema :

L'installation :

Gros plan sur la cuve intermédiaire :

La fixation du cordon chauffant :

Le cordon chauffant installé et maintenu par des serre-cables:

Le régulateur de température :

Le support de la sonde est collé sur le tube PVC à mi-hauteur :

Mon automate :

Conclusion : L’installation fonctionne maintenant depuis 2 mois et me donné entière satisfaction : plus de problème de réglage de débit, celui-ci reste stable et fixe suivant la consigne. 1 à 2 fois par semaine je modifie la consigne suivant le taux de NO3 de la cuve.La température est fixée depuis le début à 32°C. J’ai commencé avec une concentration >100mg/l de NO3 avec un débit d’environ 100ml/L en octobre et maintenant j’en suis à un débit de 1,8 L/Heure avec une concentration dans le bac d’environ 25mg/L. J’utilise le test de TetraTests pour les nitrates. Bon bricolage pour les intéressés.
Article soumis par alain524