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Les refuges en aquariophilie récifale
Date: 07 Juin 2003 à 05:45
Sujet: Techniques de maintenance


Qu’est ce qu’un refuge ?

Du fait de leur spécificité à contenir des invertébrés photosynthétiques, les bacs récifaux sont en général pauvres en microfaune ou en flore. Même si à son démarrage, un aquarium récifal tend à ressembler à un "gros" refuge, il s'appauvrira au fur et à mesure. Cette réduction de richesse peut être causée par une méthode de filtration, un sable de fond inadapté, un retrait volontaire de certains organismes non compatibles avec les animaux à maintenir, une prédation, ....



La population en poissons peut aussi être à l'origine d'une prédation excessive, comme il a pu être constaté avec le Mandarin. Un refuge est donc un lieu qui va permettre la protection d'une population animale et/ou végétale risquant de disparaître dans l'aquarium, et dans certains cas, de fournir une source d'alimentation aux poissons et/ou aux coraux (plancton, copépodes, ...).


Les principaux types de refuges

Il existe autant de refuges que d’aquariums, avec parfois, des optiques bien différentes. La liste ci-dessous n’est pas limitative :

- Refuge à caulerpe permettant de contrôler la croissance de cette dernière et d’offrir une solution d’absorption des nitrates et/ou phosphates(1)
- Refuge à pierre vivante permettant d’offrir un apport de filtration et/ou un lieu de vie pour des êtres indésirables comme les crabes, les vers polychètes(2),….
- Refuge à lit de sable épais du type oolitique ou « sugar » de 10 à 15cm, offrant un lieu de vie adéquate à une vie impossible en configuration « bare bottom »(3)
- Refuge mixte, pouvant regrouper l’ensemble des techniques ci-dessus

Ce bac technique contient deux compartiments convertis en refuges. Le premier (en haut à gauche) contient 15CM de sable et sert à la culture de la caulerpe. Le second (au milieu) contient quelques kilos de pierres vivantes qui ont permis le développement d'algues calcaires ainsi que de magnifiques sabelles. Ils sont alimentés par une double descente. De nombreux copépodes se baladent à toute heure un peu partout.

Les refuges peuvent à la fois, servir d’éléments de filtration complémentaire, de lieux d’hébergement pour indésirables, et/ou de protection à une microfaune ne pouvant pas s’adapter dans un bac principal ou risquant d’être consommée. L’inversement de la période d’éclairage d’un refuge par rapport à l’aquarium peut permettre la stabilisation du PH par consommation du CO2 excédentaire. Ce système portant ainsi le nom de refuge inversé, peut alors générer une diminution «sans gravité» du KH sur les configurations utilisant un réacteur à hydroxyde de calcium.

Certains utilisent des refuges représentant 40 à 100% du volume de l’aquarium, comme moyen de filtration :

Ce refuge a été monté sur un aquarium récifal de 1500 litres dans l'optique de réduire les nitrates :

  • Bac principal de 200x100x70
  • Refuge de 120x50x70 alimenté par une pompe Hydor de 2300L/H située dans le bac technique. La sortie du refuge a été placée à proximité de la pompe de remonté, toujours dans le bac technique.
  • 50kg de pierre vivante
  • 17cm de sable sugar
  • 5 sortes de caulerpes
  • 1 PH mètre
  • Conductivité : 46
  • Température : 28
  • Redox : 355
  • Nitrates avant installation : 50
  • Nitrates après installation : entre 0 et 5 selon les périodes.
  • PH stabilisé à l'aide du refuge, variant de 8,25 la nuit à 8,3 le jour.

(C) Photo d'Antoine Daher, alias ufo.

 

Installer un refuge

L’avantage du refuge, c’est qu’il est financièrement accessible à tous ! Il peut être éclairé par une simple ampoule incandescente, un tube néon, ou un HQI.

Il peut se présenter sous la forme d’un récipient plastique PVC de cuisine, d’une poubelle recyclée, d’un compartiment de bac technique, ou d’un aquarium tournant en parallèle.

Poubelle étant en train d'être reconditionnée en refuge :

  • Trop plein percé et fixé sur la droite
  • L'éclairage sera fixé dans le couvercle ou fourni par un HQL
  • Volume : 70 Litre

Il n’y a pas de règle précise quant au niveau du débit d’eau qui doit traverser le refuge. Certains préconisent un débit minimum d’une fois le volume du refuge, d’autres, 3 à 4 fois. Cependant, un débit lent permettrait aux sédiments et autres matières en suspensions, de s’y déposer et de devenir une source de nourriture pour certains animalcules.

Pendant longtemps, il a été conseillé de placer le refuge au dessus du bac principal. Cette configuration fonctionnant avec un retour d’eau par gravitation, permettrait d’éviter un broyage de la microfaune par la pompe de remontée. Cependant, il apparaîtrait qu’une partie de la microfaune ne serait pas endommagée et arriverait à passer sans séquelle visible.

Refuge avec descente par gravitation (en haut à droite)...
Une pompe de l'aquarium alimente ce petit refuge situé en hauteur, dont l'eau de sortie retombe par gravitation dans le bac principal.
Il est composé de :

  • 1 bac en plastique à 14 Euros
  • 2 traversées de cuve (boutique de bricolage, au rayon jardin)
  • 1 lampe de bureau fluo-compact à 13 Euros, avec alimentation 220V semi-séparée
  • Changement de l'ampoule d'origine par une Sylvania 9 w G23 (indicateur de couleur : 827) à 8 euros.(2700 K)

(C) Photo de Laurent Basset, alias Andycam

 

En conclusion

Que l’on soit pour ou contre le système de refuge, et malgré les discussions pouvant remettre en cause son utilité réelle en terme de protection d’une microfaune ; le refuge a l’avantage d’offrir un volume supplémentaire d’eau et de surface de filtration à l’aquarium principal. Correctement géré, le refuge ne peut donc être que source de bénéfices. C’est maintenant à vous de laisser libre court à votre imagination pour inventer votre refuge, et enrichir ce sujet de vos créations.

Refuge situé dans le meuble technique.
L'eau provient directement de la descente (reglage par vanne) et retombe dans le compartiment de remonté :

  • Bac de 450l
  • Refuge de 50l
  • Debit environ 50l/h

(C) Photo de Benji

 

Liens

 

Autre

  1. Pour information, les phosphates ne composant pas plus d’1% de la matière organique des caulerpes, il ne faudra donc pas compter sur de la caulerpe pour réduire le taux de phosphate. De plus, le contact de la caulerpe pouvant être irritant pour certains coraux, elle trouve toute sa place dans un refuge.
  2. Même si les vers polychètes sont fréquemment importés à l’aide des pierres vivantes, ces derniers peuvent avoir une préférence pour le sable fin. Ils sont en général placés dans un refuge car certaines espèces peuvent être des consommateurs potentiels de bénitiers, coraux à gros polypes,…
  3. Est appelé un aquarium « bare bottom », un bac dont le fond est laissé à nu.






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