Selon l'agence Tahitipresse, 3500 poissons viennent d'être relachés dans le lagon après plusieurs mois d'élevage en bassin. Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une action de repeuplement et comprend essentiellement des poissons "demoiselles", des "papillons, ainsi que des "balistes".
Cette action n'est pas unique car Serge Planes, responsable scientifique du projet et chercheur au CNRS, signale que des lachers similaires ont été réalisés précédemment à deux reprises dans le lagon de Bora Bora. Un autre lacher de poissons de pêcherie a également été réalisé ces dernières semaines.
Ces poissons ont été capturés lors de la phase de retour sur le récif à l'état de post-larves, puis élevés durant 2 à 3 mois, temps nécessaire pour atteindre une maturité suffisante les mettant à l'abri de la forte prédation subie généralement durant le recrutement (plus de 90% selon les études réalisées). Un suivi de 10 jours est également programmé pour valider leur intégration à l'écosystème du lagon.
Cette action ne présente pas d'intérêt scientifique majeur, car les techniques sont aujourd'hui rodées, mais devrait susciter l'intérêt des sociétés hotelières désireuses d'améliorer le cadre naturel de leur infrastructures...
Quand les pouvoirs publics, quels qu'ils soient, prendront-ils enfin conscience que la préservation des écosystèmes marins passe avant le mercantilisme des grandes sociétés hôtelieres ou du lobbying des industries d'exploitation de la mer (pétrole,pêche et j'en passe...) ?
3500 poissons !..... autrement dit une goutte d'eau dans un océan ! C'est le cas de le dire !
Ce genre d'actions (néanmoins nécéssaires puisque pour le moment pas d'alternatives) devraient plutôt faire place à un réel changement de mentalité dans notre façon d'aborder (et surtout d'exploiter) le milieu qui nous entoure. Les poissons reviendraient d'eux même et ce, sans que l'on y fasse quoi que ce soit...donc pas vraiment de quoi s'en glorifier AMHA.
Matt
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En ce qui me concerne je trouve que c'est une bonne initiative !
Au contraire je pense que le fait que se soit à la demande de sociétés hotelières pour le tourisme soit un bon gage que l'opération sera renouvellée. Si c'était uniquement écologique l'opération n'aurait malheureusement probablement pas vu le jour . Maintenant faut mieux voir les choses sous cette angle a mon avis.
Olivier
http://oprhardy.free.fr
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Malheureusement, je ne crois pas que ce soit à la demande des hotels, mais pour susciter de la demande...
Maintenant, je me demande si c'est vraiment le rôle des organismes de recherches de susciter de la demande pour des commandes qui seront sans doute satisfaites par des sociétés commerciales...
Si si : c'est le patron de l'hotel qui a demandé, en finançant l'opération pour partie : en contre partie, il peut communiquer vers ses clients, et il a eu plusieurs télé et radio sur place pour faire un reportage sur le lacher ! (faudrait que je mette des photos sur le web...)
Oh ne soyons pas médisants, cette action n'est pas inutile puisqu'elle permet de nourrir les poissons carnassiers habitués à venir chercher le pain tendu par les japs aux abords des hôtels...Là c'est top ils ont même de la nourriture fraîche, la classe!
Je ne peux donc que saluer cette démarche de la plus haute importance !
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Bien sûr qu'il y a de quoi ne pas être content ! Tu es content toi ? de quoi ? De voir que l'on est obligé de relâcher une poignée de poissons sur un site naturel en déclin. Où est votre sens critique là dedans ? Vous prenez les informations de base sans même réfléchir aux causes ou aux conséquences. Réfléchis 2 secondes et dis toi que 3500 poissons, cela représente quoi face à la pêche, aux "dégâts" liés au tourisme ou même à l'exportation quotidienne pour nos aquariums. Sache que je ne dénigre pas l'utilité d'une telle pratique. Ce qui m'ennuie c'est le contexte dans laquelle elle s'inscrit. Celle-ci à mon sens ne sert à rien puisque concrètement rien n'est fait pour protéger ces sites naturels : on tente de reconstruire un mur que l'on démolit de l'autre plus vite que l'on ne l'assemble...
C'est peu oui et excusez moi, mais dans l'état actuel des choses et bien cela ne sert à rien.
Bonjour à tous,
ayant participé à ce projet en tant qu'étudiant en master (et oui je reviens de 3 mois en Polynésie)je dois apporter quelques compléments d'information.
3500 poissons lâchés sur un site (et 10000 en tout sur les 2 iles Moorea et Bora Bora) c'est peu certes mais il faut savoir que c'était un projet pilote et novateur mené sur une courte période. Ce projet n'est que le prémice nécessaire à la mise en place par le territoire polynésien d'une action de plus grande envergure prévue sur 3 ans. De plus ce programme de réensemencement est conjoint avec la mise en place du PGEM (Plan de Gestion de l'Espace Maritime) qui prévoit l'instauration de zones protégées où seront relâchés les poissons histoire de donner un coup de pouce aux zones les plus dégradées.
Ceci est bien beau mais ce sont des programmes coûteux et si les hotels sont prêts à participer financièrement en contrepartie du lâcher d'une partie des poissons autour de leurs bungalows cela permettrai de péréniser une action qui doit être mener sur le long terme pour être efficace.
En ce qui concerne la mortalité après le relâcher, les premiers suivis ont montré que certes une partie des poissons ont été consommés par des prédateurs mais ceux qui ont survécu restent sur site et ont repris un comportement alimentaire normal. Donc c'est plutôt encourageant.
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Dans l'attente de la réponse de Mike64, je peux apporter quelques élements :
- l'expérience (puisque c'était une expérience du CNRS financée par le service de la pêche de tahiti) a coûté beaucoup plus cher que si c'était un mode "industriel" normal (14 millions de Francs Pacifiques, soit 116 KE), car ils ont essayé pas mal de techniques différentes, et ils ont attendu longtemps avant de relacher. A ajouter à cela le salaire des membres de l'équipe (celui de Serge par exemple, Directeur de Recherche au CNRS). Selon Serge (Cf interview dans le film ;-)), un privé peut monter le même projet pour 25 à 50 de ce coût (30 à 60 KE).
- 8000 poissons ont été relachés, ce qui fait le poisson à 15 euros au cout du projet. Selon les indications de serge, ont pourrait faire baisser ce coût entre 3 et 7 euros. Cela reste cher je pense, en considérant la mortalité forcée, mais tout dépend du financement.
- A coté de ça, il faut noter que la période de l'expérience n'était pas la meilleure, car 6 mois trop tardive par rapport à la période de reproduction optimale : les captures étaient donc bcp plus faibles qu'elles auraient pu l'être (ce qui aurait fait baisser le cout par poisson relaché) : A rangiroa, ils ont capturé 180 000 post-larves d'un seul coup (une seule nuit) !
J'y étais (salut Mike 64 ;-)). J'ai passé 12 jours avec l'équipe de Serge Planes (et Mike64 !) pour filmer toute l'opération de relacher mais aussi de capture, de tri, d'élevage, de marquage, ... Jôli film en cours de montage ;-)
Cette opération (qui a permis aussi de relacher des Acanthuridés et des mérous !) était une expérience scientifique : pas une opération commerciale ! Ce qui explique la quantité relativement faible de poissons : l'objectif était de valider les processus, leur viabilité et leurs coûts, afin de savoir si elle est economiquement rentable si des locaux (polynésiens ou philippins, indonésiens,...) souhaitent se mettre à élever des poissons pour les relâcher ou les exporter, à partir de post-larves. L'étude permet aussi de valider la survie des poissons ainsi élevés en captivité puis relachés dans le milieu naturel.
L'implication des hotels est importante, car outre le fait qu'ils peuvent ainsi créer des espèces de zones marines protégées locales, les espèces vivants à ces endroits pondent, et participent aussi au repeuplement du lagon. A noter aussi que le fait que des hotels s'impliquent crée de la communication autour de ces initiatives, ce qui peut à la fois permettre de trouver des budgets pour d'autres projets (de recherche ou de création d'activité), et motiver les locaux à lancer leur élevage.
Cette technique est une premiere scientifique, car cette expérience (de relacher, pas d'élevage) est la première à cette échelle, avec autant d'espèces issues de post-larves. Ne vous y trompez pas : vous seriez étonnés du nombre de scientifiques et d'organisation mondiales qui se penchent de très très près sur cette technique (Reef Check, le MAC, et beaucoup d'autres) : c'est une des rares solutions qui existe pour repeupler des récifs en perte de vitesse (en éduquant évidemment les pêcheurs locaux en parallèle !). Le changement de mentalité chez les pêcheurs est souvent difficile dans les îles, surtout lorsqu'ils pêchent pour nourrir leur famille, et que les seuls poissons qu'ils arrivent à pêcher sont trop jeunes... La situation est telle en polynésie, que les locaux finissent par consommer du poulet aux hormones américains, par manque de poisson.
A noter que les lachers de Bora Bora étaient aussi dans le projet de Serge Planes ;-)
Cordialement
FPL
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Sinon, désolé pour l'ambiguïté, je confirme que l'ensemble des lachers faisaient partie du même projet tel que décrit dans la news de tahitipresse que j'ai lue.
Comme mike64 je reviens de polynesie ou j ai participé a un chantier hotelier. Je pense que le role des hotels dans le repeuplememnt des lagons de Polynesie n est pas a negliger. De plus en plus d entre eux mettent en place des nurseries a poissons ou encore en reconstituant des recifs artificiels au pied de leurs bungalows. Ces actions permettent de creer des abris pour les juveniles dans les zones ou il y a generallement peu de formations coralliennes. De plus, ils participent a la sensibilisation des touristes aa probleme de la fragilite des recifs en diffusant des plaquettes d information, certes simpliste mais qui ont le merite d exister.
Pierre
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