Il y a quelques temps, en observant les pensionnaires d’un de mes bacs, j’ai remarqué sur un amphiprion de multiples ponctuations blanches sur son corps.
Il était le seul à en avoir, les autres semblaient aller pour le mieux.
Plusieurs hypothèses à ces points blancs : Oodinium, Cryptocarion irritans, premiers symptômes d’une attaque virale ou bactérienne…
La première question qui m’ai venue à l’esprit est : que faire ?
D’abord tenter de trouver la cause : vu que je n’avais ajouté aucun nouveau poisson ou corail dans mon bac depuis l’introduction de ceux déjà présents cela ne pouvait être une contamination extérieure.
Pour moi il semblait plus que probable que l’amphiprion était victime d’une attaque de points blancs du à un stress : quelques jours avant j’avais manipulé les pierres vivantes pour modifier le décor, cela avait duré quelque dizaines de minutes et remué pas mal de sédiments ( mais le bac n’a que quelque mois, donc la « pollution » engendrée n’a été que limitée).
Toutefois, rien n’est plus difficile avec les poissons marins , que de définir l’infection dont ils souffrent…. Cela pour en avoir fait la douloureuse expérience dans le passé et perdu tous mes pensionnaires.
La décision que j’ai prise à ce moment là fut de laisser passer une journée et de voir si l’amphiprion était le seul atteint, d’une part et si il allait réussir à combattre seul.
Pas d’affolement, d’autant qu’après vérification des paramètres de l’eau du bac , tout allait bien : température, nitrates, phosphates, calcium, pH…. Tout était à un taux normal. L’eau était limpide, sans aucune odeur.
Les poissons ne présentaient pas de signes inquiétants : coloration, ventilation, alimentation et comportements normaux.
A ce moment là le bac était peuplé de :
- 1 pomacanthus imperator
- 1 Acanthurus sohal
- 1 calloplesiops-altivelis (poisson comète)
- 1 odonus niger
- 1 zebrasoma flavescens
- 1 zebrasoma xanthurum
- 1 amphiprion
- 5 chromis viridis
- 1 pomacentrus caeruleus (demoiselle bleue)
2 mai 2004
Deux jours sans avoir pu rentrer à la maison, mon retour ne fut pas des plus gais : pomacanthus presque blanc, sohal couvert de taches, flavescence et xanthurum ponctués et yeux vitreux, amphiprion recouvert de points blancs, les demoiselles légèrement tachetées.
Tous étaient en hyper ventilation, scotchés dans le flux des pompes, et se frottaient contre le décor.
L’odonus et le comète ne présentaient aucun symptômes.

La vitesse de contagion et l’apparence des points blancs étaient significatives d’ un cryptocarion irritans.
J’ai donc pris les mesures d’urgence suivantes : baisse de la densité ( 1.024 à 1.017), ce faisant changement de 30 % de l’eau, arrêt de l’écumeur, j’ai enlevé le charbon actif, augmenté l’aération du bac, augmenté la température de 25° C à 28 °C .
Ceci en attendant de pouvoir mettre en place un bac hôpital et commencer un traitement.
3 mai 2004
Réveil difficile : imperator mort, xanthurum au fond du bac en hyper ventilation ( couleur très pâle, yeux vitreux), le sohal est de plus en plus couvert de taches et se gratte sans cesse, le flavescence présente sur l’œil droit une tache blanche qui lui cache l’iris, l’odonus a quelques points, les demoiselles et l’amphiprion sont toujours dans le même état que la veille.


Course pour aller chercher des produits PREIS, chez mon « poissonnier habituel », dommage il est fermé, je me rabat sur l’animalerie la plus proche ( qui possède un rayon eau de mer ), je repars avec A.P.B et TEMEROL d’AQUASCIENCE, du FURANOL ( un antibactérien à large spectre) et des vitamines ATVITOL


Arrivée à la maison, le xanthurum est mort.
Mise en place du bac hôpital : je prends 10 litres d’eau du bac récifal ( ce bac est sain et en eau depuis longtemps), je descend la densité avec de l’eau osmosée jusqu’à 1.017, vérifie le pH, monte le chauffage à 27 °C et met une pompe de brassage.
Et c’est alors la chasse aux poissons : je réussi à tous les attraper sauf les demoiselles. Pas la peine d’insister je ne les aurai pas, reste à espérer qu’elles tiendront le coup.

Avant de mettre le flav et le sohal dedans, je leur donne un bain d’antibiotique ( FURANOL)
avec un dosage intensif soit comprimé pour litre d’eau, pendant 30 mn car tous les deux présentent des lésions de la litre d’eau pendant peau, je ne voulais pas que viennent s’ajouter des infections bactériennes secondaires.

J’ajoute 5ml d’APB dans le bac hôpital ( ce produit contient du vert de malachite, impossible donc de traiter dans le bac principal où il y a des coraux). Et j’y mets mes poissons.
Dans le bac principal j’ajoute du TEMEROL ( inoffensif pour les coraux) histoire de détruire d’éventuelles bactéries pathogènes.
Pendant la période de traitement l’écumeur est arrété mais je laisse la filtration sur perlon active dans le bac principal.
4 mai 2004.
Le sohal n’a pas résisté, il est mort dans la nuit…… mon moral est très bas et je me demande si ça vaut la peine aisser ces pauvres animaux souffrir ainsi … l’espoir d’en sauver un seul me semble bien maigre.
Rajout de 2 gouttes de vitamines dans le bac hôpital, nourrissage léger, ils mangent tous avec appétit, c’est rassurant. Les demoiselles vont plutôt bien.
5 mai 2004.
48 heures après le premier traitement , je rajoute une dose d’ APB et 2 gouttes de vitamines dans le bac hôpital et une dose de témérol dans le principal .
Bilan des poissons : flavescence : les points blancs ont quasiment disparus, ta tache blanche sur son œil aussi et les deux yeux ne sont plus vitreux, par contre des points d’hémorragies apparaissent sue la ligne latérale et sur la nageoire dorsale.
Le baliste n’a plus de points blancs, mais ses yeux restent un peu vitreux.
L’amphiprion toujours couvert de points blancs.
Le comète ne semble pas être atteint .
Les viridis sont en hyper ventilation et restent dans le flux des pompes, je ne vois pourtant aucun points blancs.
Ils se nourrissent toujours correctement malgré le faible dosage de nourriture.
6 mai 2004 au matin
Aucun changement chez les poissons. Ils sont encore tous en vie et je trouve cela encourageant.
Je change 50% de l’eau du bac hôpital .Ajout de 2 gouttes de vitamines. Et comme tous les jours filtration sur perlon pendant quelques heures histoire d’enlever les déchets.
Je décide de changer de traitement : dose de témérol dans le bac hôpital et arrêt de l’ APB, il faut désinfecter les poissons et surtout de stopper les infections bactériennes du flavescence.
Ajout d’une nouvelle dose de temerol dans le bac principal..ça aurait du être la dernière ( si je suis la posologie indiquée)
7 mai 2004 au soir.
Surprise, le flav est impeccable : plus de points blancs, plus de signes hémorragiques, ses yeux sont clairs et il n’hyper-ventile plus.
Les yeux de l’odonus sont normaux et n’a plus de taches.
Seul l’amphiprion ne semble pas aller mieux, il cherche son air à la surface de l’eau, et nage difficilement.
Une des viridis est morte cette nuit , les 3 autres toujours dans le même état.
Ajout de 2 gouttes de vitamines dans le bac hôpital.
9 mai 2004.
L’amphiprion est mort cette nuit.
Les choses semblent se compliquer : les occupants du bac hôpital sont moins en forme que la veille : le flav a une coloration de stress et nage bizarrement, il passe son temps la tête vers le bas .
Quant au comète il est comme vidé de ses force et se laisse porter par le courant, j’aperçois quelques plaies sur la peau de l’abdomen : maladie ? affrontement avec le baliste ? Dans le doute je lui donne un bain de furanol.
Le baliste va bien.
Je ne pense pas que leur comportement soit consécutif à la maladie, mais plutôt à un problème lié au bac hôpital : stress de la petite taille du bac, filtration, brassage ou aération insuffisante ? je ne sais pas vraiment.
Mais je décide de ne pas les laisser dedans et de les remettre dans le bac principal.
1 heure après leur re-introduction, les poissons ont totalement changé de comportement : le flav a retrouvé une robe jaune tout à fait normale, il nage normalement et ventile correctement.
Le comète s’est précipité dans « sa cachette » , et à chacune de ses sortie sa nage est normale.
J’ai aussi décidé de rajouter une nouvelle dose de temerol, afin de limiter voire stopper les infections susceptibles d’atteindre les plaies du comète.
Dans le même temps je rajoute une dose de MAGNESIUM IODE de PREIS et des gouttes d’ATVITOL.
10 mai 2004.
TOUT le monde va bien………..ils dévorent tous comme des ogres, et même le comète, pourtant très timide n’hésite pas à sortir pour aller se nourrir, j’en profite pour surveiller ses plaies : elles sont propres et en train de cicatriser.
11 mai 2004.
Dernière dose de temerol…histoire d’éviter une surinfection quelconque , surtout pour le comète.
13 mai 2004.
Changement du perlon de la décante, remise en route de l’écumeur.
Les poissons vont toujours très bien.
Je décide d’attendre encore une journée ou deux avant de filtrer sur charbon actif.
Bilan des poissons :
- 1 poisson comète
- 1 odonus niger
- 1 zebrasoma flavescence
- 3 chromis viridis
- 1 demoiselle bleue.
17 mai 2004.
Tous les poissons vont très bien, le comète est quasiment guéri, il ne reste que quelque cicatrices apparentes.
J’ai donc commencé à filtrer sur charbon actif, et je remonte la densité lentement jour après jour.
L’eau a perdu sa coloration jaunâtre et est redevenue translucide. Tous les coraux sont épanouis et n’ont absolument pas souffert du traitement à base de temerol ni de la baisse de densité soudaine.
20 mai 2004.
Rien à signaler : tout le petit monde se porte à merveille…..
En conclusion je suis heureuse d’avoir pu sauver quelque un de mes pensionnaires, mon seul regret est d’avoir attendu avant de commencer les traitements, peut être aurais-je pu éviter de perdre certains poissons.
Ceci n’est pas, je le précise, écrit pour mettre en exergue certains traitements , produits ou méthodes quelconque de soins, juste pour faire part d’une expérience, d’un exemple de lutte contre une attaque de cryptocarion face à laquelle nous nous trouvons bien souvent désemparés.
Article soumis par WASOFA