Cet article est juste un petit rappel sur les informations de base concernant l'éclairage de nos bacs. La lumière solaire indispensable à la vie sur notre bonne vieille planète est indispensable au fonctionnement de cet écosystème qui est notre bac récifal. C'est pour cela qu'il faut tout particulièrement bien penser le choix des sources lumineuses, lors de la conception d'un bac.
L’éclairage pour un bac d'invertébrés est l'un des domaines le plus important et qui mérite de sérieuses considérations. Malheureusement un trop grand nombre d'aquariophiles sont accaparés par l'aspect financier non négligeable que génère l'éclairage correct d'un bac récifal, et se frottent régulièrement à des produits mythiques dignes de l'héroïque fantaisie. Les 2 questions les plus fréquentes sur le sujet sont « De quelle quantité de lumière ai-je besoin ? et quel est le meilleur système d'éclairage ?"
Mais sans connaître les invertébrés qui seront maintenus, toutes réponses à ces questions seraient un peu comme mettre la "charrue avant les boeufs". Dans un premier temps, Il est indispensable de faire un inventaire des coraux que l'on a l’intention de maintenir, pour évaluer leurs besoins individuels, et évaluer l’éclairage adéquat de votre bac.
Approche cartésienne du problème.
De quoi ont besoin les coraux hermatypiques ? D'un minimum d'éclairage nécessaire à leurs zooxanthelles endosymbiotiques afin de générer suffisamment d’oxygène pour qu’une production de dioxyde de carbone ait lieu durant la respiration. A ce stade un corail peut survivre avec seulement la nourriture provenant de la photosynthèse pour maintenir ses fonctions vitales, mais n’a plus, ou peu de ressources en surplus pour sa croissance ou reproduction.Nous pourrions nous dire qu'il faut éclairer les coraux jusqu'à leur point de saturation. Ce point de saturation, est le point ou tout éclairage supplémentaire n’améliorera pas la productivité photosynthétique. Les zooxanthelles atteignent la limite a produire de l’oxygène et par ce fait la quantité de carbone que pourra consommer l’hôte. Il n’est pas facile de tester ou d’évaluer ce niveau d’activité photosynthétique des coraux et même en connaissant ce point de saturation d’une espèce donnée cela laisserait toutes les autres espèces du bac à un niveau d'insatisfaction envers leurs points de saturation respectifs. Ce dilemme démontre un des problèmes de l’aquariophilie récifale, la réalité de la diversité d'un bac récifal.
A mon avis, le regroupement dans un bac d'invertébrés par groupes et par famille, tend à respecter la photoadaptivité de chacun des coraux, et ce point de saturation. Je pense que la clé étant d’illuminer le tout adéquatement, en évitant de sur illuminer. C'est un compromis. Puisque tout le monde sait que sur éclairer peut provoquer un "blanchissement" et le contraire une perte de couleur. Certains experts décrivent plus une méthodologie d'un éclairage tendant faire le faible, et de compenser se manque par un nourrissage supplémentaire. Le débat est ouvert est procure comme vous pouvez vous en douter d'énormes polémiques. Je reste persuadé qu'un bon compromis est la flexibilité sur la nature des espèces d'invertébrés maintenus. En synthèse il faut héberger des animaux compatibles au niveau de leur point de saturation en réalisant des microcosmes spécialisés. En exemple, reproduire un bac peu profond avec des espèces exigeant un éclairage puissant tel que les acroporidés, pocilloporidés. De cette façon nous constituons des bacs avec des animaux ayant les mêmes exigences en lumière, et brassage de l'eau. De cette façon nous pouvons établir plusieurs groupes (titres indicatifs dans l'article) très facilement grâce aux informations que nous disposons dans la littérature.
1/ Exigence en lumière (plus de 1 watts par litre)
La plupart des SPS, tel que les acroporidés, et Pocilloporidés, bénitiers, et anémones
2/ Peu d'exigence en lumière ( 1 watts par litre d'eau)
Zoanthères, LPS, corallimorphaires.
3/ Eclairage modéré (- de 1 watts par litre d'eau)
Octocoraux tels que les Alcyonidés, Neptheids.
Mais avant de partir dans des débats sans fin, revenons au sujet principal de cet article. La majeure partie des coraux hermatypiques, disponibles dans le commerce aquariophile est qui intéressent 80% des récifalistes sont dit symbiotiques. Ces coraux durs pour la plupart vivent en association avec différentes espèces d'algues unicellulaires, les zooxanthelles. Ces algues, situées dans les cellules endodermiques des polypes, contribuent à la survie du corail. C'est grâce à la photosynthése, que les zooxanthelles apportent leurs contributions aux développements de ces coraux et à leur calcification (voir Schéma 1).

La bande du spectre utilisée par les pigments photosynthétiques des zooxanthelles (chlorophylles, caroténoïdes et xanthophylles) est comprise entre 300 et 700 nm. Cette diversité de la bande du spectre, permet aux zoxanthelles de s'adapter aux conditions d'éclairement.

En théorie, La lumière visible ne constitue qu'une faible portion du rayonnement solaire. L'onde lumineuse se caractérise en nanomètres (nm). Chaque longueur d'onde est perçue par nos yeux comme une couleur. La lumière est composée d'un ensemble de longueur d'onde appelée spectre. Le spectre visible se situe de 350 à 770 nm. Le flux lumineux (lm) lui, donne une indication de l'intensité de la lumière. Le flux lumineux par unité de surface se nomme le flux lumineux exprimé en lumens. Pour information, en plein midi sur un récif corallien, le flux lumineux peut atteindre facilement plus de 100 000 lux. Ce flux lumineux diminue fortement en assant au travers des couches d'eau, ainsi à 5 mètres de profondeurs se même flux n'atteint plus que 20 000 Lux.

La température de couleur est un paramètre qui indique la teinte dominante de la lumière. Plus la température est élevée plus la couleur tend vers le bleu. La température e couleur s'exprime en degrés Kelvin (°K).

L'indice de rendu des couleurs L'IRC est la valeur, qui permet d'indique la fidélité de la restitution des couleurs de l'éclairage par rapport à la lumière solaire (indice 100) En aquariophilie cette valeur d'IRC doit être supérieure à 80, la valeur optimale étant de 100.
En aquariophilie nous disposons principalement de deux sources lumineuses artificielles :
Les tubes fluorescents, de moins en moins utilisés sur les bacs récifaux laissent leur place depuis pas mal d'années aux lampes à iodures métalliques (HQI). Le principe du tube "néon" est très simple. Un tube de erre est rempli de vapeur de mercure à basse pression. Une différence de potentiel appliquée entre les électrodes qui se trouvent à chaque extrémité produit une émission d' UVc. Ces UVc excitent des luminophores déposés sur la face interne du tube ce qui donne une émission de lumière visible. L'existence d'un très grand nombre de spectres et températures de couleur permet une utilisation aisée de ces tubes, en les combinant entre eux. Sur le marché outre atlantique, nous trouvons de nombreux tubes hautes puissances (High Output et Very High Output). Attention ces tubes nécessitent des ballasts spéciaux. Mais en général les tubes sont assez décevants quant à leur efficacité lumineuse.
Les HQI, sont de loin la source lumineuse la plus utilisée sur les bacs récifaux. Les progrès des distributeurs dans le domaine, et sur le choix des ampoules, en font une excellente source lumineuse dont le rapport qualité prix est supérieur à celui de tubes fluorescents. Pour avoir un flux lumineux équivalent à un HQI, calculer le nombre de tubes qu'il vous faut. Vous verrez très rapidement, après un petit calcul ce qui est le plus avantageux commercialement. Dans le commerce, le choix se porte du simple projecteur encastrable, à la rampe complexe. Après c'est selon votre budget. Les ampoules existent en plusieurs puissances de 150, 250,400W jusqu'à 1000 watts avec des températures de couleur variée (5200, 6000, 6500, 10000 et 20000K).
Alors la question de beaucoup est HQI ou tube fluorescents ?
Cette question se pose forcément lors la création d'un bac récifal. Par "convention" le choix s'effectue par rapport aux objectifs et plus particulièrement sur les dimensions, surtout la profondeur et le type d'animaux prévus (voir introduction de cet article), le budget devant venir en dernière position dans le choix. D'une manière assez générale on peut dire que l'éclairage issu d'HQI est plus réaliste, moins synthétique que celui issus de tubes fluorescents. Pour un bac de plus de 50 cm de profondeurs dont la population dominante sont des coraux durs à petits polypes (SPS), il est indispensable de prévoir des HQI. Si le bac fait moins de 50 cm vous pouvez envisager une installation avec de nombreux tubes "fluo". Pour des bacs de Fo ou de coraux mous les tubes fluorescents sont tout à fait envisageables. Les tubes comme les ampoules ont une durée de vie « constructeur », d'environ 6 mois pour les tubes et de 8-9 mois pour les ampoules HQI. A l'usage une alimentation électronique à la place d'un classique ballast ferromagnétique + starter allongera la durée de vie des tubes fluorescents et la consommation électrique en sera réduite. Par ailleurs, l'utilisation de réflecteurs réduira considérablement les pertes, lumineuses. Au niveau des HQI ils seront grandement optimisés e si les projecteurs sont dotés de réflecteurs adaptés. Des nouvelles générations de réflecteurs à facettes existent au USA, mais non disponible sur la France actuellement.
Précautions à prendre
Toujours protéger une ampoule HQI avec un verre de protection résistant aux hautes températures. Ce verre a un rôle protecteur contre les éclaboussures d'eau et de ce fait contre les chocs thermiques. Sur les ampoules type E40, ce verre n'a pas un rôle de protection contre les UV, à l'inverse d'une ampoule FC2 et RX7s.

Démonter/monter une ampoule HQI en la tenant avec un chiffon, surtout pas avec les doigts.
Ne pas oublier qu'en cas de non amorçage de la lampe, l'amorceur continue de générer un pic de quelques milliers de volts. Avant toutes interventions sur le luminaire ou sur la lampe il faut s'assurer que la tension du réseau a été coupée.
Article soumis par Gevernier