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Elimination des phosphates
Date: 10 Décembre 2004 à 04:00
Sujet: Expériences vécues


Les phosphates sont malheureusement bien connus des aquariophiles récifaux pour leurs effets néfastes sur les animaux qu’ils hébergent. A très faible dose, ils peuvent être mortels pour certains invertébrés, en particuliers les coraux. Au mieux les phosphates stoppent leur croissance en empêchant la calcification. C’est dire si la présence de cet élément est un facteur souvent déterminant dans un bac récifal!
Mais si une certaine concentration de phosphates est néfaste pour le bac, les traces de ces derniers ont également un rôle, certes plus secondaire, mais pris en compte par bon nombre d’aquariophiles. En effet ces dernières années on a réussi à prouver le lien que pouvait avoir la concentration en composés organiques dissous (dont les phosphates font parti) et la coloration des coraux, en particulier celle des sps.
Cet article n’est pas un document scientifique destiné à prouver cette relation, mais une expérience personnelle sur l’élimination des phosphates dans un bac récifal. Cette expérience ayant abouti à un résultat positif clair, je vous propose de la partager via ces quelques lignes.



Depuis quelques années, ma concentration principale concernant l’amélioration de mon bac a été d’éliminer les phosphates. Aimant beaucoup et avant tout les poissons, j’ai mis en place une population relativement… comment dire.. importante! En effet ce sont pas moins de 35 poissons qui évoluent dans mon bac de 720 litres, dont 8 gros spécimens principaux (chirurgiens et poissons anges en particulier). Ajoutez à cela un dose quotidienne de nourriture significative (une bonne poignée d’algues fraîches quotidiennement + 500g d’artémias et de Krill qui partent en 10-15 jours). Inutile de vous faire un dessin, la charge organique produite par cette population et cette nourriture est loin d’être insignifiante…

J’essaye donc depuis un moment de faire baisser mon taux de phosphates initialement à plus de 0.5mg/l, ce qui est un taux relativement limite. Ce taux est certainement à l’origine de problèmes que j’ai longtemps eu, à savoir les fameuses RTN (nécrose des tissus coralliens).
Le premier palliatif a été d’augmenter les changements d’eau. Ce qui, je dois bien l‘admettre, a été une solution très efficace puisque après avoir incriminé différents matériels du bac (dont l’écumeur) et les avoir changé, je ne suis pas arrivé à faire baisser mon taux de PO4 (Phosphates). Suite à ces changements d’eau (10% / 2 semaines), mes problèmes de RTN ce sont arrêtés net. Première victoire…

Ensuite, et toujours par souci d’améliorer l’aspect de mon bac (en particulier au niveau des couleurs de mes coraux, mais également l’aspect de l’eau qui était loin d’être cristalline), j’ai commencé à étudier les différent moyens efficaces pour baisser ce taux de PO4. J’ai alors décidé de placer, comme beaucoup d’entre vous doivent le faire, des sacs de charbon actif et de résines anti-phosphates dans la décantation. Après un an, en changeant une fois tous les 4 mois les sacs de charbon et de résine, je n’ais pu noter aucune amélioration, ni a niveau du taux de PO4, ni au niveau de la transparence de l’eau…
Je ne voulais pas utiliser les système Deltec ou autre zéolithe car je les trouve trop contraignant et trop chers en fonctionnement (ajouts réguliers de produits et/ou de bactéries pour activer le système).
J’ai alors fait une constatation, un jour, en nettoyant le charbon et les résines sous l’eau, comme indiqué sur la notice avant de les placer dans le bac : sur la totalité du filet d’eau qui coulait sur le sac en fibres, une infime partie arrivait à passer à travers ce dernier. Et encore, je suis sûr que c’est plus par capillarité que par la force du jet. Alors que penser de l’efficacité d’un sac de charbon ou de résine placé dans une décantation, où l’eau stagne pratiquement… Même avec des chaussettes, qui sont plus perméables que les sacs en fibre, ce n’est pas suffisant pour traiter réellement l’eau. A mon avis, avec cette pratique c’est comme si je ne mettais rien, et à chaque fois que je remplaçais les sacs, je devais jeter des résines et du charbon intacts!

Suite à cette réflexion, j’ai décidé de faire une expérience : j’ai acheté un filtre rapide, comme on en trouve classiquement pour les bacs d’eau douce, et j’ai placé mes résines et mon charbon dans ce dernier, après les avoir transférer dans des chaussettes pour faciliter le passage de l’eau. Je voulais forcer le passage de l’eau à travers les matériaux afin d’améliorer l’efficacité du procédé. Le flux est d'environ 600/700 l/h.


L'intérieur du filtre : les chaussettes contenant charbon et résines

Le résultat ne s’est pas fait attendre et au bout d’un mois déjà, le taux de PO4 avait diminué!


Au fur et à mesure mon eau s’est éclaircie et les phosphates ont diminués.

Deux semaines après que mes PO4 aient atteint le niveau 0 du test, mon seriatopora hystix qui était brun/légèrement rosé a commencé à devenir rose pétant sur tout le corps.


Seriatopora hystix rose à PO4 = 0.2mg/l


Seriatopora hystix rose à PO4 = 0.00mg/l

Mon pocillopora verrucosa qui était brun est devenu rose également. D’autres changements de couleur sont intervenus à la suite, le brun laissant souvent place à une couleur vive et certaines couleurs vertes se sont atténuées.

Après le succès de cette méthode de filtration, j’ai décidé d’améliorer encore un peu le système en optant pour une filtration dite ‘fluidisée’. J’ai pris un corps de filtre de type réacteur à calcaire où j’ai directement mis les résines anti-phosphates ainsi que le charbon, sans leur sac d’origine ni une quelconque chaussette. Le flux de l'eau est d'environ 600/700 l/h également.

Ce système a l’avantage de prendre moins de place, de durer plus longtemps et d’avoir un fonctionnement globalement moins coûteux. 500ml de résine durent environ 6 mois à PO4=0 au départ contre 4 mois avec le précédent système pour un volume de 700 litres environ. De plus il n’est pas à alimenter en produit, bactéries ou autres éléments nécessaires au fonctionnement de certains procédés comme la zéolithe, donc moins contraignant.



Rajout de la photo du nouveau filtre à lit fluidisé.



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