Cet article est une présentation de l'anatomie générale des Scléractiniaires. Ceci vous permettra de découvrir dans le détail "ces animaux fleurs".
Le polypeLe polype est une vésicule fixée, il possède un seul orifice, qui a les fonctions de bouche et d'anus et qui est entouré d'une ou plusieurs couronnes de tentacules terminés ou non par un renflement, l'acrosphère. La bouche se prolonge par un court œsophage, le stomodeum, au-dessous duquel se trouve la cavité gastro-vasculaire ou cœlentéron qui se prolonge par un étroit canal jusqu'à l'extrémité des tentacules. Le stomodeum est constitué d'un pharynx ectodermique et de cloisons gastriques à orientation radiaire, alternant avec les tentacules. La partie supérieure de l'animal qui porte les tentacules est appelée disque oral et la partie inférieure qui surmonte le squelette est appelée disque basal ou aboral.
Anatomie des Scléractiniaires
Le polype

Schéma général d'un polype
Le disque oral est relié au disque basal par la colonne murale (Figure 2).

Figure 2 - Représentation schématique d'un polype d'une espèce coloniale.
Les tentacules sont des excroissances du disque oral, il existe autant de tentacules que de septes. Ce sont des extensions de la cavité gastro-vasculaire. Ils contiennent de nombreux cnidocytes (cellules urticantes), ils sont tactiles et préhensiles et interviennent dans la défense et la nutrition. Ils peuvent être épanouis ou contractés, le jour ou la nuit en fonction des espèces.

Schéma d'un cnidocytes
La surface interne du disque oral présente des mésentères qui sont prolongés latéralement jusqu'à la colonne murale. Le bord interne libre des mésentères porte parfois des tractus cnido-glandulaires appelés communément filaments mésentériques qui deviennent rubanés et enroulés dans la partie inférieure. Ces filaments peuvent sortir par la bouche ou par des ouvertures temporaires de la colonne murale qui persistent quelques temps après leur retrait. Les mésentères possèdent des fibrilles musculaires et jouent un rôle important dans la contraction et l'extension des polypes, ils interviennent aussi dans la digestion et renferment les organes reproducteurs.
Au sein d'une colonie corallienne, les polypes sont tous issus d'une division interne du polype ou du bourgeonnement du polype existant. Les polypes sont reliés entre eux par un tissu de connexion dénommé cœnosarque (Figure 3) qui est à l'origine du squelette présent entre les éléments squelettiques des polypiérites, le cœnosteum. Le cœnosarque est en fait le prolongement de l'épithélium oral et de l'épithélium aboral qui se rejoignent pour délimiter un espace, qui correspond lui-même au prolongement du cœlentéron de chaque polype, l'espace cœnosarqual. Les espaces cœnosarquaux ont rarement un aspect simple, ils sont souvent divisés en canaux par des cloisons molles externes, les mésentères externes.

Figure 3 - Représentation schématique du tissu de connexion, le cœnosarque.
Ce tissu relie plusieurs polypes. Il permet le prolongement et la communication des cavités gastrovasculaires, les coelentérons, entre elles.
Le tissu oral abrite l'essentiel des zooxanthelles. Chez le corail du type "Stylophora pistillata", elles sont réparties selon un réseau formé par l'ornementation du squelette, les spinules. La Figure 4 représente une portion de polype observée au microscope confocal. L'échantillon est exposé à un rayonnement d'une longueur d'onde de 568 nm, la chlorophylle des zooxanthelles, excitée par cette longueur d'onde, fluoresce à 590 ± 15 nm. Chaque zone blanche traduit la présence d'une spinule. En effet, l'épaisseur du tissu oral, au niveau de ces spinules, ne permet pas la présence de zooxanthelles.

Figure 4 - Observation au microscope d'une portion de polype vivant de Stylophora pistillata. Une portion de la bouche du polype est sur la droite de la photo.
Le squelette
Le polype sécrète en sa partie inférieure un exosquelette de carbonate de calcium, le polypiérite (Figure 5). Le polypiérite comprend à sa partie inférieure une lame calcaire, le plateau basal, d'où s'élève verticalement la thèque. Ces deux éléments délimitent une cavité, le lumen, divisé par des cloisons calcaires, les septes, qui se prolongent à l'extérieur de la thèque par les côtes. La partie axiale du polype est occupée par une structure squelettique verticale, la columelle. La partie supérieure du polypiérite, limitée par la thèque, porte le nom de calice. Le lumen est aussi divisé transversalement par des lames calcaires qui forment l'endothèque. Dans le cas de polypes coloniaux, les thèques sont reliées entre elles par le cœnosteum, ou exothèque, synthétisé par le cœnosarque.

Figures 5
Le coenosarque
Les polypes coralliens sont reliés entre eux par le coenosarque. Le coenosarque est constitué par la superposition du tissu oral et du tissu aboral qui délimitent l'espace cœnosarqual, prolongement du cœlentéron (gavité gastrovasculaire). Il permet à l'ensemble des polypes de se comporter comme une réelle colonie, c'est-à-dire qu'en assurant la communication des polypes entre eux, il rend possible le transport de matière ingérée (matière organique dissoute ou particulaire) d'un site à l’autre de la colonie corallienne.
Centre Scientifique de Monaco : Lien
Correspondant : Eric Tambutté

Note - Ces informations sont extraites du document suivant :
- Thèse de Doctorat de l'Université de Nice Sophia-Antipolis, Sciences de la Vie.Tambutté Eric (1996)
"Processus de calcification d'un Scléractinaire Hermatypique Stylophora pistillata - Croissance in situ à Mururoa"Thèse d'Université Nice Sophia-Antipolis, pp 295.
- Observatoire Océanologique Européen du Centre Scientifique de Monaco, Commissariat à l'Énergie Atomique, Laboratoire de Détection et Géophysique et Service Mixte de Surveillance Radiologique et Biologique de l'Homme et de l'Environnement.
- Contrat de Formation par la Recherche du Commissariat à l'Énergie Atomique.
- Directeurs de Thèse : Professeur Jean Jaubert et Docteur Denis Allemand.