Vu comme ça, la reproduction et l’élevage des Amphirpions semblent être d’une simplicité enfantine. Elles le sont en effet pour ce spécialiste suisse de ce poisson, Ruedi Furter, qui réussit depuis des années avec beaucoup de succès à reproduire ce poisson. Plusieurs choses sont remarquables dans sa méthode. Tout d’abord ses résultats : il affirme amener à la taille adulte plus de 80% des larves écloses de chaque ponte ! Ensuite, dans sa démarche, il s’efforce d’être au plus proche de la nature (« c’est ainsi dans la nature, pourquoi changer ? ») et en même temps il a développé une méthode peu contraignante et peu coûteuse (pas de production de zooplancton nécessaire, un seul nourrissage quotidien).
Le texte ci-dessous est une traduction de la conférence qu’il a faite pour les membres de l’Aqua-Club de Kingersheim le 26 mai dernier, et qu’on peut trouver en Allemand sur son site, dont l’adresse figure à la fin.
Cet article sera suivi bientôt par un deuxième consacré à l’élevage « semi-industriel » (mais réalisable facilement pour un aquariophile amateur) de Brachionus, indispensables pour toute reproduction.
L’élevage de l’Amphiprion ocellaris
Cet article va vous démontrer qu’il est possible pour tout aquariophile marin passionné de reproduire et élever soi-même l’Amphiprion ocellaris à relativement peu de frais. A l’encontre de l’avis de certains spécialistes, nous avons mis au point un moyen d’élever et de faire grandir cette espèce de poissons-clowns sans employer de phytoplancton. Car la plus grande difficulté dans l’élevage d’animaux marins est sans conteste l’obtention de la nourriture adéquate. Le remplacement du phytoplancton par les produits Selco facilite donc sensiblement tout l’élevage.
Nous tenons beaucoup ici à faire une description exhaustive, de façon a permettre d’obtenir un succès dès la première tentative de reproduction. Si des questions devaient subsister, n’hésitez surtout pas à nous contacter !
La première partie de cet article est consacrée aux poissons-clowns en général et à leur hôtes, les anémones.
La deuxième partie est entièrement consacrée à la description de notre méthode de reproduction.
Généralités
Classification et tailles
L’Amphiprion ocellaris est une des 28 espèces de poissons-clowns, qui se répartissent en deux familles.
La première famille n’est composée que d’une seule espèce, le Premnas biaculeatus.
Les autres 27 espèces appartiennent à la famille Amphiprion et son classées dans la grande famille des Pomacentridés.

Amphiprion ocellaris
Les Amphiprion ocellaris sont, avec une taille maximum de 8 à 11 cm (selon les sources), parmi les plus petits poissons-clowns, et son de ce fait parfaits pour notre aquarium domestique.
La plus grande espèce est réputée atteindre une taille de 17 cm, il s’agit d’A. chrysopterus. C’est aussi la taille qu’atteint Premnas biaculeatus (photo de droite)

Il faut ajouter qu’il est bien connu que ces poissons sont également très tolérants envers les autres poissons dans l’aquarium communautaire. En d’autres termes : peu leur importe les autres espèces qui nagent autour d’eux, sauf s’ils ont une ponte en cours. Il faut cependant éviter de mettre plus d’un couple de la même espèce dans un aquarium.
Aire de répartition
L’Ocellaris habite une région énorme, qui s’étend de l’ouest de la mer d’Adaman (au large de la Birmanie et de la Thaïlande) où il est commun, jusqu’au sud-est vers la côte nord de l’Australie et au nord jusqu’aux îles Ryukyu (nord-est de Taïwan). Cette aire de répartition est représentée par la zone claire sur la carte.

Les anémones symbiotiques

On appelle communément symbiose la vie en communauté de deux animaux différents permettant à chacun de profiter de l’autre. En réalité, cette définition n’est pas tout à fait exacte, car symbiose signifie en réalité cohabitation sans avantage réciproque. Notre avis est que dans le cas de la cohabitation d’une anémone avec des Amphiprions le poisson profite de la protection des tentacules urticants de l’anémone. Quant à la protection souvent citée de l’anémone par le poisson, nous pensons qu’il s’agit uniquement pour lui de protéger sa ponte ! Car diverses observations ont montré que l’anémone avait été déchiquetée, simplement pour enlever sa protection à une congénère. Cela n’arrive cependant que lorsqu’il n’y a pas de ponte à protéger. D’autres observations ont montré que l’Amphiprion avait simplement déménagé dans une autre anémone lorsque la sienne était attaquée par un prédateur. Finalement, la réalité est que si une anémone peut très bien vivre sans les poissons, un Amphiprion a fort peu de chance de survivre dans la nature sans l’abri d’une anémone. On ne peut donc dans ce cas parler réellement de symbiose.

Une chose est sûre, les poissons clowns doivent être associés à une anémone, également dans nos aquariums. Mais de laquelle s’agit-il ?
Dans l’aire de répartition des Amphiprion les hôtes sont, selon leur présence, Heteractis magnifica, Stichodactyla gigantea et stichodactyla mertensii son habitées.
Ces anémones ne sont pas fréquemment proposées dans le commerce et sont d’autre part connues pour se déplacer sans cesse dans l’aquarium. Les Magnificas, par exemple, aiment se placer sur les vitres de l’aquarium si elles en ont la possibilité. De ce fait, des solutions alternatives ont été cherchées et aussi trouvées. L’association n’est donc plus conforme à ce qui existe dans la nature.
Heteractis magnifica



Cette anémone commune est connue comme une voyageuse impénitente dans nos bacs. Généralement, elle élit domicile contre la vitre, juste sous la surface de l’eau.
On peut éviter cela en la plaçant sur une colonne récifale au milieu du bac. Elle ne la quittera jamais, car elle ne peut (ou ne veut) pas se déplacer sur le sable.

Stichodactyla gigantea

Les Stichodactyla gigantea appartienne à ce qu’on nomme les anémones-tapis. On les reconnaît à leurs tentacules denses, relativement courts et fins, qui recouvrent l’ensemble du disque.
Un autre signe distinctif : sans courant, on voit qu’elle est capable de faire bouger chaque tentacule individuellement.
Elle a un pouvoir collant très important, si bien qu’on peut lui arracher un tentacule rien qu’en la touchant. Il vaut mieux l’éviter cependant, car elle est aussi très urticante.
Elle aussi aime aussi changer de place de temps en temps.
Contrairement à son nom, elle ne devient pas très grande. Nous possédons un exemplaire d’un diamètre d’nviron 25 à 30 centimètres.

Stichodactyla mertensii
Cette anémone peut devenir vraiment trop grande pour nos bacs. Nous n’avons pas d’expérience personnelle avec cette espèce. Elle est également peu proposée dans le commerce. Elle peut être facilement confondue avec S. gigantea. Se tentacules ne sont cependant pas aussi denses et un peut reconnaître l’implantation en rangée des tentacules.
Les autres anémones hôtes possibles
Comme les Amphiprions ne sont pas liés obligatoirement à une certaine espèce d’anémone, il est possible de les faire cohabiter avec d’autres anémones.
Le commerce propose régulièrement l’espèce suivante :

Heteractis crispa

Cette anémone s’est révélée chez nous comme une des espèces idéales. Plusieurs raisons à cela. D’abord, son goût pour les déplacements n’est pas très développé, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne se déplace pas du tout. D’autre part, elle est adoptée facilement par les Amphiprions.
On la reconnaît à ses tentacules généralement pointus, avec des extrémités violettes. Au bord du disque de l’anémone, les tentacules sont très denses. Au centre, ils sont plus espacés.
Sur la face inférieure, elle a des verrues irrégulièrement placées et, lorsqu’elle est rétractées, elle est très ferme et a un aspect de cuir.

Lors de l’achat, il faut absolument veiller à ne pas acquérir d’anémone blanche ou flottant dans le bac de vente. Les chances de survie de Crispas blanchies sont très réduites. Celle qui est représentée ici est morte après quelques mois, malgré un aspect sain.
A l’occasion nous sont aussi proposées de telles Crispas colorées artificiellement. Il faut absolument éviter de les acheter, car de tels animaux sont très affaiblis et n’ont que fort peu de chances de survivre. Celle qui est reproduite ici ne ressemble d’ailleurs plus vraiment à une Crispa !

Macrodactyla doreensis

La Macrodactyla doreensis est aussi désignée sous le nom d’anémone à pied rouge ou anémone tire-bouchon. On la reconnaît à la forme de ses tentacules, souvent enroulés en forme de tire-bouchon. Cette anémone est cependant plutôt rare dans le commerce. L’agencement des tentacules ressemble un peu à celui de H. crispa. Ils sont aussi assez denses au bord du disque, mais au centre, ils sont beaucoup moins nombreux que pour la Crispa.

Ces anémones se déplacement généralement dans la zone limite entre les roches et le sable. Elle enfonce régulièrement son pied sous les roches, à moitié enterré dans le sable. De ce fait, le risque de brûlure pour les coraux est un peu atténué.
Entacmea quadricolor

Sans doute l’espèce la plus fréquemment proposée dans le commerce. Ici, une image très typique, on voit pourquoi on lui a donné le nom d’anémone-bulles. Il existe cependant des formes très diverses, comme le montrent les images suivantes. C’est sans doute la seule anémone qui se reproduit régulièrement par division du pied. La coloration n’est pas non plus toujours conforme à celle qu’on voir sur ces photos. On les trouve aussi de couleur verte ou brune.


Description générale de l’élevage
Nous tenons à affirmer ici que ce qui suit n’est pas les dernier « état de l’art ». Cela constitue simplement une description pour chaque personne intéressée de la façon de réaliser une petite station d’élevage personnelle.
Couple reproducteur

Si on a la chance de posséder un couple reproducteur qui s’entend bien, il n’y a en réalité pas grand chose à faire, et on aura une ponte tous les 10 à 14 jours.
Il suffit de donner au couple reproducteur une nourriture variée.
Il s’agit de poissons réellement omnivores, ils mangent goulument des flocons, des granulés et de la nourriture congelée.
Régulièrement, ils font cependant des pauses assez longues dans les pontes, la raison nous en est inconnue.
Bac de reproduction

Le bac de reproduction devrait avoir un volume d’au moins 80 litres, et peut être équipé comme un bac récifal ordinaire, avec des pierres vivantes, un écumeur, des pompes de brassage et éventuellement un filtre rapide. Il est malgré tout plus sûr si on peut mettre un tel bac en circuit fermé avec le bac récifal principal.
Un bac spécifique apporte des avantages qui ne sont pas négligeables pour une reproduction réussie.
Le plus grand est certainement le temps. On peut en effet attendre que toutes les larves soient écloses avant de les capturer, sans qu’elles se fassent dévorer au fur et à mesure par les autres habitants du bac.
La nourriture adéquate

Pour les premiers jours, les Brachionus constituent une nourriture de base excellente.
Le bac d’élevage
Comme bacs d’élevage, des bacs normaux de 25 litres au maximum conviennent très bien. Plus grand n’a pas d’intérêt, car le besoin de Brachionus tout comme le travail de nettoyage augmentent rapidement avec le volume. Ils sont équipés avec un petit chauffage et une aération. Nous écalirons avec deux tubes de T5 de 4 Watts (1 x 10.000K et 1 x OceanBlue).

Le bac de grossissement
Ce bac est équipé comme un bac normal et devrait avoir une capacité minimale de 120 à 150 litres. Dans un bac comme celui-ci on peut mettre sans problème environ 120 alevins de 2 à 3 cm.

Caractéristiques de l’eau
Ce sont les caractéristiques habituelles d’un bac marin.
- Nitrites = non décelables
- KH = 7 - 9
- Ca = 400 – 450 mg/l
- Mg = 1300 – 1500 mg/l
Les nitrates et les phosphates ne constituent pas un problème important dans le bac de grossissement.
Les valeurs de calcium et de magnésium permettent un bon développement des corallines, les poissons aimant bien pondre dessus. Cela n’est cependant pas indispensable, car ils pondent aussi sur des pierres sur des surfaces de verre ou sur des pots en terre cuite.
La ponte
Elle se produit généralement dans en fin d’après-midi. La veille, le nettoyage de l’endroit de la ponte commence déjà. Cet endroit est choisi sur une pierre plate, à proximité du pied de l’anémone. En premier, la femelle, oviducte saillant, passe sur la pierre et dépose un œuf à côté de l’autre. Comment elle s’y prend est encore aujourd’hui pour moi un mystère, malgré de nombreuses observations. Immédiatement après, les œufs sont fécondés par le mâle. Ce processus se répète aussi souvent que nécessaire, jusqu’à ce que tous les œufs soient pondus, ce qui forme alors une tache d’environ 5 centimètres de diamètre. Toutes la ponte dure environ une heure à une heure et demie.
La ponte et le développement des oeufs
1er jour

3ème jour

5ème jour

7ème jour

Comme on peut le voir joliment sur la première image, les œufs ont le premier jour une belle couleur orange, mais dès le deuxième jour cette couleur disparaît et les œufs deviennent petit à petit bruns. On ne voit jamais les œufs non fécondés (blancs), tant que le mâle s’occupe de la ponte, ce qui est en réalité toujours le cas. Le troisième jour, toute la ponte est brune et à partir du 4e jour, les deviennent transparents. A partir de ce moment-là, on peut déjà reconnaître les yeux des larves. A présent, l’attente va encore durer de 3 à 5 jours jusqu’à ce que l’enveloppe de l’œuf soit complètement transparente. Le jour de l’éclosion, qui peut se produire selon la température après 7, 8 ou 9 jours, on ne voit plus aucune trace brune sur les enveloppes des œufs. Elles ont alors un reflet argenté. Lorsque cela est nettement reconnaissable, cela signifie que l’éclosion se produira la nuit suivante.
Un autre signe est aussi que la femelle, qui s’est à peine occupée de sa ponte depuis quelle a eu lieu, est à nouveau souvent auprès d’elle.
Préparatifs
A présent est venu le moment de faire quelques préparatifs
Le bac d’élevage
En premier doit être préparé le bac d’élevage, comme décrit précédemment.
Le chauffage doit être réglé à la même température que le bac de ponte. Le meilleur moyen d’y arriver est de mettre le combiné chauffant dans le bac de ponte, et après une demi-heure de déterminer le position d’enclenchement puis de déclenchement du chauffage et de régler la position juste au milieu. En effet, on ne peut pas se fier aux réglettes de ces chauffages.
Dans ce bac sont versés environ 3 à 5 centimètres d’eau du bac de ponte. En mettre plus n’a pas d’intérêt car le transfert des larves en amènera encore assez et de toute façon, s’il en manque on pourra toujours en ajouter à la fin.
Dans le bac de ponte
Simultanément à l’extinction de la lumière, il faut arrêter toutes les pompes, l’écumeur et autres appareils. Pour pouvoir travailler aisément il est aussi conseiller de relever la lampe. L’éclairage de la pièce devrait aussi être éteint. L’assombrissement complet du bac n’est pas nécessaire, chez nous l’éclosion a lieu malgré des tubes UV allumés, juste assombris par un drap de bain. C’est alors comme une nuit de pleine lune.
A présent, il ne faut plus qu’environ deux heures de patience jusqu’à ce qu’on puisse s’occuper les larves. En effet, la plupart du temps toutes les larves ont éclos après deux heures, et on peut les attirer près de la vitre frontale avec une lampe de poche.
Si le couple reproducteur se trouve dans l’aquarium d’ensemble, il vaut mieux regarder si les larves sont écloses dès une heure après l’extinction de la lumière, car selon la population du bac, après deux heures la plupart des larves seront peut-être déjà dévorées.
Le transfert des larves
Après l’attente, on peut à présent aller à la chasse aux larves, armé d’une lampe de poche et d’un gobelet. On fixe comme on peut la lampe de poche au-dessus du bac, ou on la pose sur le rebord du bac, de façon à ce qu’elle éclaire vers le bas, le long de la vitre frontale. On s’assure au préalable, bien entendu, que l’éclosion a été complète. Une fois la lampe en position, on attend quelques minutes jusqu’à ce que les larves, attirées par la lumière, de pressent dans le cône de lumière, déjà à la recherche de nourriture. Les larves sont en réalité la plupart déjà contre la vitre frontale, sans doute car elles se déplacent sans aussi en pleine eau dans la nature. Donc, on pourra rapidement commencer à attraper les larves avec le gobelet. On prend un gobelet d’environ un litre et on l’enfonce verticalement dans l’eau près des larves, de façon à créer une aspiration qui fera passer les larves par-dessus le bord du gobelet. Cette aspiration va attirer les larves jusqu’à 20 centimètres de profondeur, de sorte que dès le premier essai de nombreuses larves seront attrapées. Juste avant que le gobelet soit plein, on le retire du bac et on verse délicatement son précieux contenu dans le bac d’élevage. Entretemps, de nombreuses larves se sont à nouveau rassemblées sous de la source lumineuse, et on peut recommencer la capture. On procède de la sorte jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de larve dans le bac de ponte.


A présent, on peut remettre en service les appareils dans le bac de ponte.
Dans le bac d’élevage, il faut mettre en service le chauffage réglé précédemment ainsi que l’aération. Si le bac n’est pas complètement rempli, on peut encore le faire avec précaution. Mais nous avons la plupart du temps transféré tellement d’eau du bac de ponte qu’il faut souvent même en retirer, à travers un tamis.
Si on veut retirer les larves d’un bac communautaire on n’a bien entendu pas autant de temps, car l’un ou l’autre de ces casse-croûte appétissants ne vont certainement pas échapper aux prédateurs. Pour éviter cela, il vaut mieux utiliser la méthode de l’aspiration çà l’aide d’un tuyau, mais un tuyau d’air de 4 mm ne suffit pas à créer une aspiration suffisante, et les larves y échappent facilement d’un coup de rein. Donc, il faut bien du tuyau de 8 ou 10 mm. Attention, le récipient de transfert est vite plein, avant que toutes les larves soient capturées. Avec cette méthode, on transfert beaucoup plus d’eau du bac de ponte, il faut donc à coup sûr retirer de l’eau du bac d’élevage, par siphonage à travers un tamis, pour éviter de perdre des larves. Il est évident qu’avec l’aspiration des larves à l’aide d’un tuyau, celles-ci sont bien plus stressées qu’avec l’autre méthode. C’est comme un voyage en grand huit à travers le tuyau, puis un carrousel dans le récipient de collecte ! Ce stress entraîne des pertes bien plus élevées la première nuit. On peut aussi dire que ce sont les plus faibles qui sont morts, dans la mer ils n’auraient eu aucune chance. On va ne rester là pour le moment, car nous ne savons pas de manière certaine quelle méthode est réellement la meilleure. Nous utilisons cependant la plupart du temps la méthode du gobelet.
La lumière
Qu’est-ce qui est juste? 24 heures d’éclairage, ou 3 heures d’obscurité, ou le cycle jour/nuit normal ?
On peut lire dans différents articles, livres, revues ou sites internet qu’il était indispensable, les premiers jours, de laisser la lumière 24 heures sur 24. Cela ne nous a pas été sympathique dès le début et déjà à ce moment-là, nous avons ménagé 3 heures d’obscurité nocturne. Mais cela aussi a fini par ne plus nous paraître assez naturel, si bien que nous sommes revenus à un rythme jour/nuit normal.
En observant la nature, il ne nous semble pas utile d’illuminer les larves 24 heures sur 24. Notre expérience ,nous montre que nous pouvons tranquillement éteindre la lumière après le transfert des larves du bac de ponte dans le bac d’élevage, jusqu’au lendemain matin.
La nourriture
Voilà aussi un thème où nous nous demandons si les auteurs d’articles ne recopient pas simplement les anciens ! La plupart du temps, on lit que ça ne peut pas marcher sans ce qui est appelé « l’eau verte », ou que les larves chassent la nuit, ou que les larves ne chassent pas du tout les premiers jours et de ce fait doivent baigner dans la nourriture.
Chez nous, ça ne se passe pas comme ça :
- nous avons toujours de l’eau limpide
- la nuit, nos larves dorment, agglutinées les unes aux autres, sur les joints en silicone du bac
- nous leur donnons dès les premières heures des Brachionus en grand nombre, environ 200.000 pour 20 litres d’eau
- nous donnons des Brachionus les 6 premiers jours
- à partir du 3e ou 4e jour nous donnons aussi des artémias fraîchement écloses (après quelques heures, elles sont trop dures pour être digérées). Cela est une expérience personnelle ; la perte de toute la ponte en a été la conséquence.
- à partir du 12e jour, on passe à la nourriture sèche en poudre et, selon la taille des alevins, des granulés fins
- à partir du 30e jour, des fines paillettes et des œufs de homard
Le nourrissage ne se fait généralement que le soir. Le passage de la nourriture vivante à la nourriture inerte n’est chez ces omnivores jamais un problème !
Autres tâches quotidiennes
La compensation de l’évaporation a été automatisée très récemment de façon très simple. Une goutte toutes les 3 à 5 secondes suffit à maintenir le niveau d’eau constant. Depuis que nous pratiquons ainsi, les pertes ont significativement diminué. Nous en concluons donc que des variations importantes de densité ne sont pas très bien supportées et qu’il faut y faire attention.
Il est encore plus simple de couvrir le bac avec une plaque de plexiglas, cela annule pratiquement complètement l’évaporation. Le nettoyage du sol est l’occasion de faire un changement d’eau partiel. Nous utilisons pour cela une raclette à votre que nous avons modifiée.



Il est apparu qu’il était absolument suffisant de siphonner le sol tous les 2 ou 3 jours, à partir du moment où il n’y a pas trop de larves mortes.
Aussitôt que les alevins se colorent et qu’ils ne reçoivent plus de Brachionus, c'est-à-dire après le 6e jour environ, le bac est à nouveau raccordé au circuit fermé, c'est-à-dire qu’il est à nouveau dans le circuit global de l’installation. Le changement d’eau est à nouveau continu !
Développement des larves
Lorsque tout fonctionne à peu près correctement, nous aurons la joie de suivre le développement des alevins.
C’est toujours un spectacle unique !
Laissez-vous séduire :
Jour 1

Jour 3

Jour 6

Jour 6

12 - 15 jours

Des jeunes poissons jusqu’à 3 centimètres, âgés de 3 à 6 mois








Maintenance des jeunes poissons
La nuit, ils dorment généralement agglutinées à plusieurs, sur les joints en silicone du bac, et le jour cela peut être varié. La plupart du temps, ils nagent comme des fous à travers tout le bac, avec des pauses pendant lesquelles ils se regroupent tous le long de la vitre, à la surface de l’eau.
On entend souvent que l’élevage dans une anémone ne réussissait pas. Je savais depuis longtemps que si je les transférais à environ 1,5 à 2 cm dans un bac d’ensemble, ils vont après peu de temps s’approprier l’anémone. Mais que se passe-t-il lorsqu’on met une anémone dans le petit bac d’élevage ? Nous avons expérimenté cela récemment, avec une Quadricolor. Les alevins n’ont que 6 à 8 mm et sont âgés de 25 jours environ.
Ce qui s’est passé m’a d’abord un peu étonné. Il n’y a pas eu d’« assaut » direct de toute la bande sur l’anémone. L’un ou l’autre montrait de l’intérêt, mais sans plus.
Certains se mettent encore à l’aise dans les coins du bac, d’autres préfèrent des endroits plus calmes et il y en a aussi qui font des heures supplémentaires toute la nuit dans le courant.
Nous souhaitons à tous ceux qui veulent essayer BEAUCOUP DE SUCCÈS !
Ruedi Furter (Hölstein, Suisse)
Traduit par Maurice Bacher
Le site généraliste de R. Fuerter , SwissAquaristik : http://www.swissaquaristik.ch/cms2/
Le site de vente par correspondance de R.Fuerter : http://www.swissaquaristik.ch/osc/
Le site spécialisé pour la reproduction : http://www.mwaq.ch/ocellaris/index.htm