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Observations naturelles des coraux.
Date: 07 Janvier 2006 à 01:00
Sujet: Recifs et écologie


Au début du XVIII e siècle, les naturalistes pensaient  qu'il s'agissait de plantes recouvertes de fleurs, ou des concrétions minérales.

Leur biologie est si diverse que nous pouvons les classifier de la façon suivante :
- Coraux durs  à squelettes calcaires tels que les Scléractiniaires et les hydrozoaires,
- Coraux souples à squelettes cornés tels que les gorgones,
- Coraux mous tels que les Alcyonaires et anémones.

Les coraux sont des animaux  regroupés sur  l'Embranchement des Cnidaires. Ils sont sur terre depuis plus de 600 millions d’années.  Ils peuvent vivre en solitaire ou bien en colonies.



Morphologie

Les cellules s'organisent en plusieurs couches de tissus. Le tissus externe est nommé ectoderme, tandis que l’interne est appelé endoderme.  Ils sont séparés par une gelée « mésoglée » qui contient les cellules nerveuses.

Les coraux  bâtisseurs  de récifs coralliens sont appelés scléractiniaires ou anciennement madréporaires. Leur existence est datée à environ  200 millions d'années.  C’est la famille la plus importante avec plus de 2000 espèces répertoriées. La plupart sont coloniaux. 

Le polype est une sorte de sac dont la taille varie d'un millimètre à quelques centimètres. Ils sont tous constitués d’un corps à paroi double muni d'un seul orifice entouré d'une couronne de tentacules dont le nombre va de 6, 12 et 24.



Chaque  polype est  un véritable architecte, il construit un squelette calcaire dont les formes très structurées sont  propres à chaque espèce. Nous pouvons comparer le squelette à un immeuble. Seul l’étage supérieur  comporte le polype par lui-même. Ce logement est nommé calice, il repose sur le plancher. Le bord du calice ou muraille est renforcé par des lames verticales (septes). Chez les hexocoralliaires, ils sont toujours multiples de 6.  Au centre, la petite colonne se nomme columelle.

Les Cnidaires  se caractérisent  par la présence de cellules urticantes.  L'ectoderme contient des cellules particulières appelées cnidocystes.

Ces coraux ont développé une stratégie alimentaire particulière, ce sont de véritables chasseurs. Les polypes sont zoophages,  ils se nourrissent  de zooplancton, qu'ils chassent en phase nocturne grâce à des cellules appelées cnidocytes ou nématocytes. L’étymologie Cnidaires vient du grec qui signifie « urticant ».

Chaque cnidoblaste contient une capsule à double paroi cnidocyste (nématocyste contenant un liquide urticant). Les cnidocytes sont connectées par leur base aux éléments nerveux de la mésoglée.  Quand un organisme planctonique effleure un cnidocil, l'opercule  s'ouvre et le filament est expulsé. Les épines déchirent les tissus de la victime. Le filament s'enfonce dans son corps et agit comme une aiguille inoculant le venin. Cette phase dure quelques millièmes de secondes.

Par le suite,  les tentacules amènent la proie vers la bouche. Enrobée de mucus, elle est aspirée puis digérée dans la cavité gastrique. Les cnidocystes ne servent qu'une fois.

 Référence:Watson G.M. and R.L. Wood, 1988. Colloquium on terminology. in Hessinger and Lenhoff edits., The Biology of Nematocysts, Academic Press, Inc. ,

Cet apport de nourriture ne couvre que 10 à 20% des besoins énergétiques du polype.

Si nous comparons les deux tableaux suivants nous pouvons très vite en déduire qu’il existe un rapport flagrant entre le taux de recouvrement des coraux  et l'éclairement de la zone en fonction de la profondeur.  

Cette observation nous laisse présager que les coraux ont un grand besoin de lumière pour se développer.

Une observation attentive des polypes nous montre que ces animaux sont pour la plupart colorés en jaune-brun. Cette coloration est due à la présence, dans les cellules endodermiques, de petites algues unicellulaires, les zooxanthelles.  Les teintes bleues ou roses de certaines espèces ont pour origine les pigments synthétisés par le polype en réaction à la présence des zooxanthelles.

Ce sont des algues du groupe des Dinoflagellés, l'espèce symbiotique  chez les scléractiniaires est Symbiodinium microadriaticum.   Cette algue a une taille d’environ 10 microns. D’après les sources scientifiques, cette algue est présente dans les tissus des coraux dès le stade de l’œuf. C’est une biomasse végétale au sein des polypes non négligeable. Chez  Pocillopora damicornis cette biomasse atteint environ 45 à 60% de la biomasse en protéines.



Elles sont chlorophylliennes et photosynthétiques.  Dans le  processus, elles  fabriquent de la matière organique à partir de minéraux contenus dans l’eau et le CO2 grâce à l'énergie lumineuse. Une partie de cette matière, des glucides, est utilisée comme source de nourriture par le polype.

De ce fait nous pouvons parler de symbioses entre Zooxanthelles et scléractiniaires.

En complément la prédation fournit au polype, les protides ainsi que les lipides. Il réunit ainsi tous les éléments nécessaires à son évolution.  L'activité métabolique de chaque polype se traduit par les échanges gazeux de la respiration, absorption d'O2 et rejet de CO2. Ce même CO2 est ensuite utilisé pour la photosynthèse par les zooxanthelles. Le prélèvement du CO2 par les zooxanthelles favorise la précipitation du carbonate de calcium, ce qui contribue à la fabrication du squelette. Nous pouvons en déduire que l'équilibre chimique du CO2 dissous dans l'eau et des carbonates, est déplacé dans le sens de la précipitation lors du prélèvement du CO2 par les zooxanthelles.

C'est grâce à cette association que le scléractiniaire est un bâtisseur de récif, il est ainsi qualifié de corail "hermatypique ".

La lumière est indispensable à la photosynthèse des zooxanthelles, par conséquent les coraux seront majoritairement implantés  dans les eaux peu profondes environ 10 mètres et très  peu turbides.

La température est optimale entre 25 et 30 °C.

Si la température s'élève ou si l'intensité lumineuse devient  trop intense sur une longue  période, les coraux blanchissent. Ce blanchissement est dû  à une diminution de la teneur des pigments photosynthétiques des zooxanthelles ou tout simplement  à l'expulsion de ces dernières par les coraux.  Dès que  les conditions redeviennent optimales, les zooxanthelles recolonisent rapidement  les tissus des polypes. Malheureusement des épisodes climatiques ont marqués certaines zones coralliennes  de ce phénomène, ce qui a conduit à la mort des coraux.

L’hydrodynamisme (vents, houles, marées, courants) est un facteur dominant sur l’implantation des coraux sur un récif.

Un hydrodynamisme correct permet une bonne oxygénation, un renouvellement du plancton et évite la sédimentation.  Ainsi, la répartition des colonies coralliennes naturelles est directement  reliée avec l'hydrodynamisme de la zone, comme le démontre les schémas ci-dessous.

CE : Chenal d'embarcation (zone à fond sableux)
PC: platier compact formé par la coalescence des colonies coralliennes
PAT : platier à alignements transversaux
ZD: Zone à déferlement.

Si nous synthétisons, nous observons que les formes branchues représentent plus de 70% de recouvrement au niveau des platier, puis  décroissent très rapidement avec la profondeur.  Ces formes sont mal adaptées à un éclairement faible est un hydrodynamisme violent. A l’inverse les formes encroûtantes, se plaisent à des profondeurs supérieures à 25 mètres. Et pour finir les formes dites « massives » ne montre pas d’exigences particulières, car nous le retrouvons partout avec une petite préférence dans les zones très agitées.

Cette observation,  à pour but de cibler et  mieux comprendre, les besoins des scléractiniaires.  Comme nous l’avons vu la forme et la couleur sont un excellent indicateur sur l’emplacement de chaque corail dans son milieu naturel.  Il ne vous reste plus qu’à appliquer au sein de votre bac, qui est à petite échelle une reproduction du milieu récifal, avec des nuances d’hydrodynamisme, et de luminosité.

 







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