- WWW.REEF-GUARDIAN.COM -



Les hôtes venimeux de nos bacs (complément)
Date: 30 Septembre 2005 à 01:00
Sujet: Animaux


Notre passion commune pour le récifal peut nous exposer à entrer en contact avec des animaux venimeux.  C'est souvent  nous qui sommes responsables des accidents, en adoptant un comportement inadéquat et  devant notre ignorance envers ces animaux rarement agressifs. Heureusement les accidents graves sont peu fréquents…

En référence et complément à l’article suivant : Lien



Les venins d'origine animale sont toujours utilisés par eux comme une arme de défense ou d’attaque. Ils peuvent être injectés, excrétés (téguments) ou sont  tout simplement contenus dans les tissus des animaux. 

Nous pouvons distinguer deux types d’animaux venimeux marins.

- Les animaux venimeux actifs, avec un comportement offensif, qui injectent leur venin par voie oral, (serpent, anémone…)

 - Les animaux venimeux passif, avec un comportement défensif qui injectent leur venin par voie appendiculaire (dard, queue) ou dermique (sécrétion).

 Les venins sont constitués de toxines, d’amines actives sur les vaisseaux sanguins et d’enzymes détruisant les protéines.  Leurs effets sont très complexes, selon le venin et peuvent aller du trouble de la coagulation, altération des transmissions neuronales jusqu’à l’anaphylaxie. Nous pouvons considérer que l’appareil venimeux est constitué de glandes à venin et d’un appareil permettant l’injection. Pour l’homme les effets peuvent aller de simple démangeaison bénigne à une réaction fulgurante et mortelle.  Il est important de faire la différence entre une allergie sévère et une véritable envenimation.

Je vais tenter de  vous passer en détail, les diverses envenimations possibles par les animaux qu’il est possible de retrouver dans nos bacs. Les Cnidaires, les Echinodermes, les Poissons, puis choses plus rare certains Poulpes.

Les Cnidaires regroupant plus de 10 000 espèces, et seulement une centaine sont considérés comme dangereuses.  Les plus agressifs sont les  anémones et les coraux de feux. En général, ils ont un régime alimentaire carnivore et se caractérisent  par une cavité digestive ouverte par une bouche entourée de tentacules.  Parmi les cnidaires ceux auxquels nous allons nous intéresser sont  les Hydrozoa, et les Anthozoa.

 Leur appareil venimeux est constitué par le cnidocyte.  Il contient une poche du venin et un tube enroulé. Sous l'effet d'un stimulus mécanique ou chimique, le tube jaillit tel un ressort afin d’injecter le venin.

Certaines anémones tropicales (classe des Anthozoa) et le corail de feu (Millépora de la classe des Hydrozoa) possède  un venin  constitué d’enzymes responsables d’hémolyse (destruction de globules rouges) et de cytolyse (destruction cellulaire).  Plus particulièrement les venins d'anémones sont composés de polypeptides ayant des propriétés toxiques sur le système nerveux.

Une blessure  se caractérise  par une douleur vive et irradiante au point de contact avec inflammation, démangeaisons et urticaire. Les signes généraux  vont  de la nausée, vomissements, crampes abdominales, diarrhées, fièvre,  jusqu’au insuffisances cardio-circulatoire et respiratoire.

Le traitement préconisé  le plus efficace est un rinçage immédiat à l’eau de mer afin d’éliminer les nématocystes non activés. Ne surtout pas utiliser de l’eau douce, qui provoquerait un changement osmotique ce qui provoquerait l’activation des nématocystes.   Le  vinaigre est un très bon inhibiteur pour ces nématocystes, ou en alternative de l’alcool 40-70%, huile d'olive, urine, sucre.  Il ne faut surtout pas se frotter. Ensuite une immersion dans de l’eau chaude à 40 °C durant 30-90 min  inactivera le venin et développera un effet anesthésique.  

Il existe plus d’une vingtaine de familles de poissons venimeux. Ils sont pour la plupart sédentaires, et camouflés dans le substrat ou les rochers et sont du type passif défensif.  Je ne parlerais que des Dasyatoïdés (raies), et des Scorpaenidés (poissons scorpions).

Les raies  Pastenagues sont les principaux responsables des envenimations de cette famille. Elles possèdent sur la queue un dard venimeux.  Leur venin composé principalement de sérotonine,  intervient dans la transmission nerveuse. L'effet du venin  peut être complémenté par un traumatisme lors du retrait du dard avec un risque d’infection.  Le traitement est un simple  rinçage abondant, et une immersion dans de l’eau chaude.  La suppression des zones nécrosées, et  une  infiltration d’antibiotiques doivent être réalisée de manière préventive.

 Dans le pire des cas l'application d'un bulbe d'oignon a des propriétés antalgiques et antiseptiques.

Les Scorpaenidés comprennent 350 espèces dont 80 sont venimeuses. Ils possèdent des épines venimeuses céphaliques, dorsales et anales qui sont des tubes creux reliés à des glandes à venins.  L’animal pointe ses tubes  de manière défensive vers tout individu menaçant.  Dans cette famille nous allons nous intéresser à 3 groupes distincts.  Les Scorpènes, les Pteroïs et les Synancés.

Les Scorpènes très difficiles à voir, immobiles et posés sur le relief disposant d'un excellent camouflage. Ils comprennent les rascasses et les poissons scorpions.



Les Pteroïs sont très attractifs de  par leurs couleurs et formes et très appréciés de certains aquariophiles.  (Poisson-lion, poisson-tigre, poisson-zèbre, poisson-feu, rascasse volante).



Les Synancés sont redoutables, le plus connu est le poissons-pierre.  Invisibles et immobiles ce sont les poissons extrêmement  venimeux, et  leur toxicité est  comparable à celle du cobra. Il n’est pas impossible de  trouver  ce genre de poisson parmi des pierres vivantes.



Leurs venins sont un mélange de nombreuses substances hautement toxiques, la stonustoxine qui est thermolabile. La toxicité est essentiellement musculaire y compris le cœur. Le traitement est semblable à celui des raies mais avec en plus l’injection d’un sérum anti-venin.

 Si vous posséder un poisson de ce genre dans votre bac, laissez toujours le « nom scientifique exact » à l’un de vos proches, qui en cas de problème, sera capable de le communiquer au SAMU et au centre anti-poisson, lors d’une intervention.  

Certain d’entre vous, on peut être déjà vu ou eu l’idée d’héberger  de magnifiques petits poulpes avec des anneaux bleus Hapalochlaena  lunulata.  Ils sont très attrayants par leurs petites tailles et ces couleurs si attractives. Mais attention, ils peuvent infliger des morsures mortelles.

L'injection du venin est effectuée, par l'intermédiaire de glandes salivaires postérieures et antérieures. Il contient de  la maculotoxine ou céphalotoxine. Cette toxine bloque la transmission nerveuse périphérique. Ce type de morsure peut provoquer la paralysie du diaphragme par atteinte des nerfs phréniques et va jusqu’au décès. La morsure, se présente comme un double point  à peine visible. Le traitement est la limitation de la diffusion du venin par la technique de pression-immobilisation. Un  support respiratoire d’une  durée de 4 à 10 heures peut sauver le blessé.

Pour finir, je vais parler un peu des Echinodermes.  Les oursins et  étoiles de mer. Les oursins (Echinoïdes) comportent  plus de 900 espèces. Leur squelette globuleux est recouvert de piquants venimeux. Entre les piquants se trouvent des pédicelles globifères véritables pinces tapissées de glandes à venin composé d'enzymes, de sérotonine et de substances neurotoxiques.

Chez les étoiles de mer (Astéroïdes), une seule est venimeuse. Il s'agit d'Acanthaster Planci commune dans les récifs coralliens de l'Indo Pacifique. Son venin est constitué d’enzyme attaquant les membranes cellulaires et d’anti-coagulant puissant.

Lors d’une blessure la douleur modérée à intense ne dure que quelques heures. Si les piqûres sont multiples, les symptômes peuvent être des délires puis détresse respiratoire, hypotension et syncope. Le décès est rare, par contre les surinfections fréquentes. La première chose à faire est d’enlever les pédicelles à l'aide d'un rasoir et d'une crème à raser. Les piquants seront retirés doucement avec de la cire à épiler, parfois chirurgicalement. Les antibiotiques sont fréquemment nécessaires.

En conclusion

Les envenimations sont rares si l'on adopte un comportement adéquat dès que l’on possède des animaux dits « dangereux « dans son bac. Se protéger  et respecter ces animaux est le mot d’ordre. Une chose importante est que les venins marins sont tous  thermolabiles et une application de chaleur sera systématique.  

D’après un article du Dr Jean-Yves BERNEY.

Vous pouvez aussi consulter cet excellent site Australien.

www.marine-medic.com







Cet article provient de REEFGUARDIAN : l'aquarium marin et récifal
http://www.reef-guardian.com

L'URL de cet article est:
http://www.reef-guardian.com/modules.php?name=News&file=article&sid=1380